L'introduction en Bourse de Vonage n'emballe pas les investisseurs

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Vonage, premier opérateur américain de téléphonie sur Internet, a fait son entrée en Bourse aujourd'hui pour financer ses futures campagnes de marketing. Une introduction qui n'a pas soulevé l'enthousiasme du marché.

L'opérateur américain Vonage recevait un mauvais accueil des investisseurs à la Bourse de New York, mercredi peu après le début des premiers échanges sur le titre. L'action cédait 10,94% à 15,14 dollars, à la mi-séance, tandis que les indices boursiers rebondissaient et s'affichaient dans le vert au même moment. Vonage s'est introduit au prix de 17 dollars par action, en mettant sur le marché plus de 31,250 millions de titres, espérant ainsi lever plus de 531 millions de dollars avec une surallocation de 4,687 millions de titres afin de lever 80 millions de dollars supplémentaires le cas échéant. Pour l'instant, le groupe est parvenu à lever plus de 531 millions de dollars.

Il s'agit de la plus grosse introduction en Bourse dans le secteur Internet aux États-Unis depuis celle de Google en août 2004. Vonage, qui se présente comme un des principaux fournisseurs de services de téléphonie en haut débit, dits de voix sur IP, recensait à la date du 1er avril plus de 1,6 million de lignes d'abonnés, dont plus de 95% aux États-Unis. Le groupe est également présent au Canada et, depuis mai dernier, au Royaume-Uni. Fondée en 2001, la société, établie à Holmdel dans le New Jersey (nord-est), s'est imposée sur le marché grâce à des forfaits ultra-compétitifs sur Internet. Mais Vonage est désormais pris en étau entre ses concurrents naturels - les autres acteurs indépendants (Packet8, Primus, SunRocket.) - et les opérateurs traditionnels que sont AT&T ou Comcast.

Vonage a quadruplé son chiffre d'affaires en 2004 par rapport à 2003, et l'a triplé en 2005. Mais ses lourdes dépenses en marketing et publicité empêchent pour l'instant le groupe d'être rentable. En 2005, Vonage a affiché une perte nette de 261 millions de dollars pour un chiffre d'affaires de 269 millions. Au premier trimestre 2006, l'entreprise a dépensé 88,3 millions de dollars en marketing et accusé une perte de 85,2 millions, ce qui porte ses pertes cumulées à 361,2 millions sur trois ans.

Officiellement, l'Américain a décidé d'entrer en Bourse afin de financer de futures campagnes de marketing, misant sur le développement rapide de la voix sur IP pour séduire les marchés financiers. Cette technologie pourrait compter en Amérique du Nord entre 8,2 et 15,3 millions d'abonnés d'ici à la fin 2007, contre environ 1,5 million aujourd'hui, selon le groupe. Mais certains analystes de Wall Street estiment toutefois que cette introduction constitue un pis-aller pour Vonage, qui aurait préféré être racheté, comme Skype l'a été par eBay.

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