Delta Air Lines dit non pour l'instant à l'offre de fusion de US Airways

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Delta Air Lines répond pour l'instant par la négative à l'offre de mariage de US Airways. Une opération chiffrée par la compagnie à huit milliards de dollars à la fois en titres et en cash. Delta dit vouloir sortir seul du redressement judiciaire.

Réponse à l'envoyeur dans le ciel américain. La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines vient de dire non à sa consoeur US Airways, spécialiste des vols intérieurs aux Etats-Unis, qui lui proposait une fusion surprise. Une opération à la fois en liquide et en action qu'elle chiffrait à huit milliards de dollars.

Dans un bref communiqué, le PDG de Delta, Gerald Grinstein indique: "nous avons reçu ce matin une lettre de US Airways et nous allons bien sûr l'étudier. Mais l'objectif de Delta a toujours été de sortir seul et renforcé du redressement judiciaire au premier semestre 2007. Nous suivons ce programme et sommes fiers des progrès du personnel de Delta pour atteindre cet objectif. La justice a accordé à la direction de Delta le droit exclusif de mettre au point son plan de restructuration d'ici au 15 février 2007. Nous allons continuer à déployer tous nos efforts dans ce but."

Une fin de non recevoir alors que US Airways affirmait plus tôt que "cette union donnerait naissance à l'une des plus grandes compagnies aériennes du monde". Elle proposait même que la future entité, qui compterait plus de 350 destinations, opère sous le nom de Delta. Elle serait le numéro un sur les vols entre les Etats-Unis et l'Europe et le numéro deux pour les liaisons vers les Caraïbes.

Le PDG de US Airways Doug Parker expliquait sa démarche dans des lettres que l'on peut retrouver sur le site de la compagnie et adressées à différents publics: salariés, clients, investisseurs et médias. La lettre à destination des salariés de US Airways commence même par ces mots: "Etes-vous bien assis? J'ai de grandes nouvelles ce matin qui vont vous étonner et je l'espère inspirer votre imagination et votre esprit de compétition."

US Airways sort tout juste d'un processus de fusion avec America West, autre compagnie aérienne américaine devenue une low cost (à bas coûts et bas prix). Un processus réussi selon Doug Parker qui souligne: "nous avons replacé les salariés, nous en avons même embauché d'autres et nous avons dépassés nos objectifs".

Dans le détail, les créanciers de Delta, qui s'est placé depuis septembre 2005 sous la protection du chapitre 11 ("chapter eleven") de la loi fédérale sur les faillites, soit l'équivalent du redressement judiciaire, se voyaient proposé de recevoir quatre milliards de dollars en cash et 78,5 millions d'actions US Airways d'une valeur totale d'environ quatre milliards également. L'opération visait à permettre à Delta (un des alliés d'Air France aux Etats-Unis au sein de l'alliance Skyteam) de sortir du chapitre 11.

C'est aussi par une fusion, celle avec America West, que US Airways était sorti du chapitre 11 - au moment même où Delta y entrait - en septembre 2005. US Airways souligne qu'il travaille avec le géant financier Citigroup sur sa proposition à Delta et que le groupe bancaire s'engage à couvrir le plus gros du financement, à savoir 7,2 milliards de dollars. La compagnie aérienne basée dans l'Arizona, à Tempe, soulignait qu'une telle fusion permettrait de générer des économies annuelles de coûts de 1,65 milliard de dollars pour les deux partenaires.

Si ce mariage avait pris son envol, la question se serait posée de l'alliance du ciel à laquelle aurait appartenu le futur ensemble: la Star Alliance (construite autour de l'américaine United Airlines et de l'allemande Lufthansa) comme US Airways, ou Skyteam comme Delta? Si la première solution l'emporte, Air France et son associé néerlandais KLM perdrait un partenaire de poids aux Etats-Unis.

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