RWE envisage de se développer dans le nucléaire en Europe

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Le numéro deux allemand de l'énergie RWE a déclaré, lors de la présentation de ses résultats, envisager construire de nouvelles centrales nucléaires en dehors de l'Allemagne. Il s'est également montré plus prudent pour ses résultats annuels, invoquant la régulation du marché plus stricte qui se met en place sur son marché domestique.

RWE vient d'afficher ses ambitions dans le nucléaire hors de ses frontières. Harry Roels, PDG du groupe a déclaré au cours d'une conférence de presse envisager de construire de nouvelles centrales nucléaires en Europe, en dehors de l'Allemagne afin de "ne pas perdre le contact avec cette technologie à l'international". Il n'a cependant évoqué aucun pays précisément précisant toutefois qu'une décision d'implantation serait conditionnée à "une acceptation des centrales nucléaires (dans le pays concerné), en plus d'une logique économique".

L'Allemagne a pris la décision d'abandonner le nucléaire civil. La dernière de ses 17 centrales restantes devant fermer aux environs de 2020. RWE y sera confronté plus vite, sa centrale Biblis A devant fermer ses portes en 2008. Le groupe souhaite donc demander une autorisation pour la laisser en fonctionnement plus longtemps. La demande sera déposée "avant la fin de l'été", a déclaré Harry. Roels. "Nous voulons nous battre pour Biblis."

Cette décision du gouvernement allemand est régulièrement critiquée par les groupes d'énergie, qui mettent en avant la plus grande dépendance énergétique qui risque d'en résulter pour le pays, ainsi que les possibles difficultés pour tenir les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

RWE compte aussi se développer dans les renouvelables, et augmenter ses capacités dans l'éolien en France et en Grande-Bretagne. Harry Roels a ainsi laissé entendre qu'il avait des projets aux Pays-Bas ou le groupe détient actuellement une part de marché d'environ 5%. Il a annoncé récemment plusieurs investissements. Une discussion est actuellement en cours au Parlement néerlandais qui pourrait obliger les groupes du pays à se séparer de certaines activités. Cela pourrait donc lui offrir des possibilités supplémentaires. La presse a d'ailleurs récemment spéculé sur un intérêt de RWE pour l'électricien néerlandais Nuon. Aucun des deux n'avait commenté.

Faute d'une marge de manoeuvre financière suffisante, RWE semble toutefois pour l'instant à l'écart de la consolidation du marché européen de l'énergie. Son endettement net atteignait encore 9,45 milliards d'euros fin juin. "Notre capacité d'acquisition (...) dépend essentiellement du succès de la cession de nos activités dans l'eau en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis", prévue en 2007, a reconnu lui-même Harry Roels.

Le groupe a par ailleurs prévenu qu'il tablait maintenant sur une croissance de son bénéfice net annuel "dans le bas de la fourchette" de 10% à 20% annoncée précédemment. En effet, il s'inquiète des décisions de l'Agence des réseaux, qui régule depuis l'an passé les marchés de l'énergie en Allemagne. Elle vient d'annoncer que la filiale RWE Transportenetz Strom allait devoir baisser d'environ 9% les tarifs facturés aux concurrents empruntant son réseau d'électricité, soit un manque à gagner un peu inférieur à 100 millions d'euros pour RWE. Une décision similaire est anticipée pour le gaz. De premières provisions ont été prises en compte dans les pronostics annuels, mais les risques ne sont pas encore évaluables "dans toute leur ampleur". RWE estime qu'il en sera plus au quatrième trimestre. Cependant, il table toujours sur une croissance (non spécifiée) du chiffre d'affaires, et d'entre 5% et 10% pour le bénéfice d'exploitation.

Au premier semestre, des effets saisonniers (l'hiver rude a dopé la consommation d'énergie) et des augmentations de prix ont permis une croissance plus forte. Le bénéfice net, a augmenté de 16,3% sur un an à 1,659 milliard d'euros, un peu moins que les attentes des analystes, mais le résultat d'exploitation les a dépassé en grimpant de 18,8% à 4,104 milliards. Le chiffre d'affaires a atteint 24,331 milliards, soit une croissance de 17,4%.

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