Bouygues dresse un bilan alarmiste de sa filiale mobile
La Tribune
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C'est un sombre tableau de sa filiale mobile que Bouygues dresse dans un rapport remis à la Commission Européenne le 31 janvier, et révélé ce matin par Les Echos. Dans ce document, Bouygues révèle que Bouygues Telecom accuse "un retard de développement de part de marché", souffre d'une "absence de taille critique" et de revenus "insuffisants". En effet, sa part de marché ne cesserait de s'éroder depuis 2000, atteignant un seuil inférieur à 20%. Sa filiale "détient la part de marché d'un opérateur qui serait entré sur le marché en 1999, alors qu'elle est rentrée en 1996. Si l'on compare sa situation à celle des autres troisièmes entrants européens arrivés en 1996, elle est la seule à accuser un tel retard".
Pour Bouygues, les raisons sont clairement identifiées: une politique commerciale par trop agressive d'Orange et de SFR, et des obligations imposées par l'Autorité de régulation des télécommunications (Arcep) par trop contraignantes. L'Arcep a notamment baissé en novembre le prix de gros des SMS.
En dressant un tableau alarmiste de l'état de sa filiale télécoms, Bouygues laisse planer le doute sur sa possible cession. Certains analystes estiment que cette alternative serait la seule possible pour que le groupe de BTP rentre dans ses fonds. La valorisation de la branche téléphonie mobile pourrait atteindre 11 milliards d'euros, mais vu la situation générale de l'opérateur mobile dressée par sa maison-mère dans le rapport adressé à Bruxelles, une vente pourrait se conclure sur des niveaux beaucoup plus faibles.
Dans la foulée de la publication d'extraits de ce rapport, le porte-parole de Bouygues a tenté de rassurer la communauté financière: "Bouygues croit à l'avenir de Bouygues Telecom et du marché mobile", a-t-il affirmé ce matin. Le titre du groupe de BTP a clôturé sur un repli de 0,55% à 41,67 euros.
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