Profit historique de 12 milliards d'euros pour Total

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Porté par la flambée des prix du brut, le groupe pétrolier français a pulvérisé ses records de bénéfices l'année dernière, avec une progression de 31%. Le dividende, pour sa part, va croître de 20%. Total proposera une division de son action par quatre en mai.

L'exercice 2005 restera dans les annales de l'histoire de Total. Le groupe pétrolier français a en effet enregistré l'année dernière un bénéfice net historique de 12 milliards d'euros, à la faveur de l'envolée des cours du brut. Pénalisé notamment par la grève de la raffinerie de Gonfreville, le quatrième trimestre s'inscrit cependant légèrement en-dessous des attentes.

Sur l'ensemble de 2005, Total aura donc enregistré un résultat net ajusté (résultat net au coût de remplacement, hors éléments non-récurrents et hors impact de la fusion Sanofi-Aventis) en hausse de 31%. A 12 milliards d'euros, ce chiffre s'établit à peu près en ligne avec les attentes des analystes, qui tablaient sur 12 à 12,5 milliards d'euros.

Pour le seul quatrième trimestre de l'année écoulée, le résultat net du groupe s'est élevé à 3,05 milliards d'euros, en hausse de 16%. C'est un peu moins que les attentes des analystes qui, selon le consensus Reuters, tablaient sur un résultat de 3,126 milliards.

Globalement, comme l'a souligné Thierry Desmarest, PDG du groupe, l'exercice écoulé a été marqué "par des conditions de marché favorables pour l'industrie pétrolière", avec une demande soutenue qui a "porté les prix du brut et les marges de raffinage à des niveaux élevés". Au dernier trimestre de l'année, Total a été favorisé, par rapport à ses grands concurrents, par sa moindre présence dans le Golfe du Mexique, et donc sa moindre exposition aux ravages causés par les ouragans. A l'inverse, le groupe a été affecté par le mouvement de grève observé à la raffinerie de Gonfreville, en Seine-Maritime, qui a affecté la production pendant plus d'un mois, ainsi que par l'explosion de son dépôt pétrolier au nord de Londres, qui a causé de gros dégâts.

Sur le trimestre, le chiffre d'affaires s'est élevé à 39,9 milliards d'euros, en hausse de 19%. Et sur l'ensemble de l'année écoulée, le volume d'affaires s'est établi à 143 milliards d'euros, soit un bond de 17%.

Au titre de l'exercice écoulé, le groupe a annoncé ce matin vouloir distribuer un dividende de 6,48 euros par action, en hausse de 20% par rapport à l'année précédente. Ce chiffre est légèrement inférieur aux attentes, qui portaient, selon Reuters, sur un dividende de 6,60 euros. Total confirme également son projet de procéder à la division par quatre de ses actions. Une résolution en ce sens sera proposée à l'assemblée générale des actionnaires le 12 mai prochain.

Au chapitre des perspectives, Total, qui souligne que le niveau de ses réserves prouvées et probables représente désormais "près de 22 ans de durée de vie au rythme actuel de production", compte augmenter sa production de près de 4% par an en moyenne sur la période 2005-2010. Cet effort s'appuiera sur un programme d'investissements annuels de l'ordre de 13,5 milliards de dollars sur la même période.

A la Bourse de Paris, Total a clôturé en recul de 0,42% à 214,40 euros.


Des profits qui suscitent les convoitises...
Mercredi matin, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir a réclamé que Total soit soumis à un impôt exceptionnel de 5 milliards d'euros. Selon l'UFC, une telle mesure, qui pourrait servir à financer les transports collectifs de proximité, permettrait de compenser auprès des Français l'impact de la "surinflation du prix de l'essence". Démarche similaire chez le syndicat Sictame-Unsa (autonomes) de Total, qui voudrait un partage "plus équitable" des bénéfices du groupe. Selon le syndicat, les actionnaires et les dirigeants se taillent "la part du lion", tandis que les salariés et les consommateurs "sont trop souvent les laissés pour compte".

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