Havas : les actionnaires rejettent les indemnités de Pouzilhac

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Vincent Bolloré a fait voter contre les sommes qui avaient été promises à l'ex-patron du groupe de publicité. Dans le même temps, l'actionnaire principal d'Havas réduit le nombre des administrateurs et supprime le comité de rémunération.

C'est non: l'assemblée générale des actionnaires d'Havas a voté ce matin contre les indemnités de départ qui étaient prévues pour l'ex-PDG du groupe de publicité, Alain de Pouzilhac. Une décision prise par Vincent Bolloré, président du conseil d'administration d'Havas, qui a dans le même temps réduit à presque rien la rémunération des administrateurs et supprimé le comité de rémunération du groupe.

Ce sont des signaux pour le moins confus que Vincent Bolloré, principal actionnaire d'Havas et président de son conseil d'administration, a envoyés ce matin à l'occasion de l'assemblée. Initiative la plus spectaculaire: l'homme d'affaires a voté contre les indemnités de départ de 7,8 millions d'euros d'Alain de Pouzilhac. Et cela alors même qu'il s'étant prononcé en faveur de ces mêmes indemnités lors d'un conseil d'administration du 28 juin 2005.

Alors que l'affaire Vinci vient de défrayer la chronique - avec la démission forcée de son patron Antoine Zacharias pour cause de rémunérations excessives - Vincent Bolloré s'est exprimé sur le registre du grand nettoyage, ce matin. Il s'agit de "faire faire un virage à la société Havas" et de "tourner la page" des pratiques anciennes, a-t-il affirmé aux actionnaires.

Dès lors, a-t-il laissé entendre, l'ex-PDG d'Havas n'aura guère d'autre choix que d'attaquer en justice pour essayer d'obtenir ses indemnités. Mais "ceux qui ont quitté le groupe en pensant toucher le jackpot, je laisserai la justice en décider, mais en attendant je ne prendrai pas le risque de verser des sommes aussi importantes à des gens qui ont quitté la société", a lancé Vincent Bolloré.

Si une telle initiative peut donc passer comme s'inscrivant dans le mouvement de mise en place de bonnes pratiques en matière de rémunération des dirigeants de sociétés cotées, d'autres décisions prises ce matin par l'assemblée du groupe de publicité vont paradoxalement en sens inverse.

En premier lieu, le principal actionnaire d'Havas a décidé de réduire sensiblement le nombre des administrateurs du groupe, en tirant partie de cinq démissions (dont celle de Laurence Parisot, présidente du Medef) et de deux non-renouvellements. Objectif, selon Vincent Bolloré: mettre en place une "organisation légère".

En deuxième lieu les administrateurs du groupe ne seront désormais plus payés que de façon symbolique: leurs émoluments ont été ramenés ce matin de 52.000 euros à... 1.000 euros. Enfin, Vincent Bolloré a fait supprimer le comité de rémunération, organe du conseil d'administration chargé de la mise en place de la structure de rémunération des dirigeants. Autant de dispositions qui, prises ensemble, ne vont pas contribuer à renforcer le rôle du conseil d'administration en tant qu'organe de surveillance du groupe.

Selon le président du conseil d'administration, l'objectif du groupe, en matière de rémunérations, est de mettre désormais en place des politiques "transparentes, équitables et motivantes". Ce qui devrait passer par l'introduction d'un plan d'actionnariat salarié, concernant l'ensemble des salariés.

En ce qui concerne la marche du groupe, ses dirigeants se sont voulus prudents ce matin. Selon le nouveau PDG d'Havas, Fernando Rodés, le groupe veut certes désormais "avoir la croissance organique la plus rapide de tous les groupes de communication", "accroître la rentabilité et la maintenir au-dessus de la moyenne du secteur" et "atteindre une position de leader en Europe et en Amérique Latine et devenir un acteur-clé aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne". Mais Havas est bien loin de se trouver dans une telle situation. L'année dernière, le groupe de publicité n'a par exemple enregistré qu'une croissance organique de 2,5%, c'est à dire nettement inférieure à la moyenne de 4,5% du secteur. Si bien que, selon Vincent Bolloré, "il faudra peut-être attendre 2008 pour qu'Havas se redresse".

A la Bourse de Paris, l'action gagne 0,26%, à 3,91 euros, en fin d'après-midi.

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