La TV sur mobile pour le grand public toujours en suspens

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Le forum réunissant les industriels - groupes audiovisuels, télécoms et équipementiers - a présenté ces derniers jours au gouvernement les résultats des expérimentations de télévision sur mobile. Les professionnels attendent toujours du CSA une attribution des fréquences.

Quand la télévision mobile de masse sera-t-elle disponible? La question reste en suspens. Alors que le forum de la télévision sur mobile, représentant l'ensemble de la chaîne de valeur, se réunissait ces jours derniers à Bercy, peu de réponses ont été apportées à cette interrogation. Pourtant, les opérateurs télécoms, équipementiers et groupes audiovisuels qui testent la télévision sur mobile via les réseaux hertziens, à la norme DVB-H ou T-DMB, se sont tour à tour lancés dans un concert de louange sur les résultats des premières expérimentations.

Canal Plus, allié à SFR, Nokia et au diffuseur Towercast, qui teste le service auprès de 500 personnes, est convaincu de son potentiel. 73% des utilisateurs se déclarent satisfaits et 68% sont prêts à souscrire à un abonnement payant. La TV sur mobile se consomme 20 minutes par jour, de manière individuelle, à la maison ou dans les transports. Les testeurs apprécient l'information, le sport et la musique. Même satisfaction revendiquée par le deuxième groupe d'expérimentation, qui réunit Orange, TF1, Bouygues et M6. "84% des testeurs pensent que le téléphone mobile est un moyen adapté pour la télévision et la moitié des testeurs la regardent tous les jours", explique un porte-parole. Une séance d'auto-félicitations à laquelle il faut mettre un bémol. Si la couverture est efficace à l'extérieur des bâtiments, ce n'est pas le cas à l'intérieur, principal lieu d'utilisation de ce service. D'où la nécessité de renforcer les réseaux et d'améliorer la technique.

Fréquences à libérer

Que la télévision ait du potentiel sur le téléphone portable, le phénomène n'est pas en soi nouveau. "La télévision sur mobile connaît depuis un an un démarrage spectaculaire", reconnaît le patron d'Orange Didier Quillot. L'opérateur mobile assure que sur son million de clients abonnés à la 3G, 350.000 sont des téléspectateurs actifs.

Reste que pour l'instant, la TV sur mobile passe sur les réseaux UMTS. Elle ne peut pas être diffusée en masse. Les industriels attendent toujours que soient libérées des fréquences hertziennes, un souhait qu'ils ont encore renouvelé devant le ministre délégué à l'Industrie François Loos, le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres et surtout devant le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) Dominique Baudis. Certainement soucieux de faciliter la tâche du CSA, TDF a mené sa propre étude et a assuré qu'il était possible de développer un réseau à la norme DVB-H, qui a le vent en poupe en Europe, dans 14 des 15 agglomérations qu'il a testées.

Obstacles et volontarisme

Aux supplications des industriels, Dominique Baudis a répondu par une liste de problèmes à régler, qui laisse à penser que le CSA ne délivrera pas de sitôt les fameuses fréquences. "Le gouvernement doit d'abord choisir la norme de diffusion", a expliqué le président du CSA. Si le DVB-H part favori, le T-DMB, à la mode en Corée, est testé par Bouygues Télécom. Ensuite, pour que la couverture soit suffisante, il faut attendre l'extinction de l'analogique, qui aura pour effet d'alléger le spectre. Le CSA cherche à néanmoins déterminer les fréquences disponibles. Dominique Baudis a évoqué la création possible d'un réseau multiville, le M7 Mobile. Au niveau juridique, "la loi ne permet pas d'attribuer les ressources". Cette dernière devrait néanmoins être révisée à l'automne. Comme sur le petit écran, un dispositif de contrôle des programmes doit également être mis en place. Enfin, les modèles économiques devront être définis.

Face à ces obstacles, le gouvernement a affiché un volontarisme bon teint. "Ne perdons pas notre avance. Il faut que la télévision sur mobile soit un succès industriel", a martelé François Loos. Reste que le ministre a confirmé que le déploiement de la TV mobile dépendrait du développement de la télévision numérique terrestre (TNT), et donc de la libération des fréquences hertziennes. De fait, il n'y a pas que la télévision mobile qui soit sur les rangs pour obtenir de nouvelles fréquences, des chaînes haute-définition ou de télévision locale sont aussi en lice. En outre, le gouvernement se prononcera en avril sur un projet de diffusion de télévision sur mobile alliant satellite et relais terrestre tel qu'il a été présenté par Alcatel. Bref, pour l'instant, aucun calendrier précis n'a été communiqué et le flou subsiste. En attendant, pour faire patienter les industriels, une prolongation des expérimentations qui arrivent à terme en juin devrait être autorisée.

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