General Motors assommé par une perte de 8,6 milliards de dollars

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Le constructeur américain a enregistré une perte de 8,6 milliards de dollars en 2005. General Motors a dû faire face à la faillite de son fournisseur Delphi et aux prochaines suppressions de 30.000 emplois. Cette mesure devrait permettre à GM de réduire ses coûts de 6 milliards de dollars d'ici la fin de l'année.

2005 aura été une véritable année noire pour General Motors, "l'une des plus difficiles de l'histoire de GM", selon son PDG Rick Wagoner. Le premier constructeur automobile mondial, en passe d'être détrôné par Toyota, a enregistré sur l'année 2005 une perte de 8,6 milliards de dollars (7,1 milliards d'euros). L'an dernier, GM avait réalisé un bénéfice net de 2,8 milliards de dollars. Rien que sur le quatrième trimestre, le constructeur américain affiche une perte de 4,8 milliards de dollars. Hors charges exceptionnelles, la perte du groupe a atteint 1,2 milliard de dollars.

La perte nette est notamment due au recul des ventes aux Etats-Unis des véhicules 4X4, qui sont très rentables. Par action, elle s'élève à 2,09 dollars, un chiffre très inférieur aux attentes des analystes. A l'annonce de ces résultats, le titre General Motors chutait de 7,67% à 22,02 dollars à la mi-séance à Wall Street.

Surtout, cette perte colossale a surtout été marquée par des éléments exceptionnels que General Motors a passés au dernier trimestre. Au total, 3,6 milliards de dollars ont été inscrits dans les comptes comme charges.

La charge de restructuration de 1,3 milliard de dollars a couvert le massif plan de suppressions d'emplois annoncé en novembre (voir ci-contre). General Motors va supprimer 30.000 emplois en Amérique du Nord. Le groupe souffre d'une surcapacité de production aux Etats-Unis ainsi que d'un outil de production moins productif et moins compétitif que celui de ses concurrents. En effet, dans le même temps, Toyota et Nissan ne cesse d'accroître leurs parts de marché aux Etats-Unis. Grâce à ce plan, General Motors espère réduire ses coûts de 6 milliards de dollars en Amérique du Nord d'ici fin 2006.

Baisse des parts de marché

Ce plan accompagne une baisse de production d'un million de véhicules. Cette situation illustre une érosion des parts de marché qui ont baissé de 27,2% à 25,9% aux Etats-Unis en 2005. Dans la zone Amérique du Nord, qui comprend le Canada, la part de marché a baissé de 26,7% en 2004 à 25,5% en 2005.

Ensuite, General Motors a passé une deuxième charge de 2,3 milliards de dollars, également au quatrième trimestre, pour couvrir la faillite de Delphi, l'un de ses principaux fournisseurs (voir ci-contre). Delphi est une ancienne filiale de General Motors dont le groupe s'était séparé en 1999. Les lourds engagements de Delphi en matière de retraite pour ses salariés ont précipité le groupe dans la faillite.

Entre un secteur morose sur son marché domestique et les difficultés liées à Delphi, General Motors a traversé une année catastrophique. Pourtant, au niveau mondial, ses ventes n'ont que peu reculé de 2% à 9,17 millions d'unités. Illustrant ce phénomène, son chiffre d'affaires a encore plus légèrement baissé (-0,5%) à 192,6 milliards de dollars.

Ce phénomène est dû aux bonnes performances de General Motors à l'étranger. En Europe, les parts de marché ont progressé de 9,4% à 9,5%. Au niveau mondial, GM a détenu l'an dernier 14,2 % du marché contre 14,4 % en 2004.

Cependant, la situation de General Motors n'est pas unique. Son concurrent et compatriote Ford est également dans une situation économique difficile. Il a annoncé il y a deux jours une chute de 42% de son bénéfice ainsi qu'un colossal plan de suppression d'emplois portant, comme GM sur 30.000 postes (voir ci-contre).

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