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Le plan de réduction des coûts d'EADS en bonne voie

La Tribune

Publié le 19 juin 2007 à 05:20 - Mis à jour le 23 octobre 2008 à 19:59

Le Quotidien Numérique

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Le plan de réduction des coûts du constructeur aéronautique EADS est en bonne voie, mais les performances financières du groupe sont menacées par la force de l'euro face au dollar, estime Louis Gallois, vice-président d'EADS, qui aimerait voir son groupe contrôler la totalité du missilier MBDA. Selon lui, le futur A350 est désormais "parfaitement défini".

Airbus devrait atteindre ses objectifs d'économies de coûts définis dans le cadre du plan "Power 8" pour cette année, soit environ 300 millions d'euros, a déclaré Louis Gallois, président d'Airbus, lors d'une conférence de presse tenue à la veille de l'ouverture du Salon du Bourget.

"Nous sommes totalement en ligne avec nos objectifs de "Power 8" pour cette année, soit environ 300 millions d'euros, un chiffre calculé sur la base des comptes 2006", a-t-il déclaré. "Cela ne veut pas dire que cela se traduira par un gain de 300 millions d'euros sur le résultat opérationnel puisque dans le même temps, il y a la montée en charge des frais de recherche et technologie et le dollar qui baisse par rapport à l'euro".

Elaboré dans la foulée des retards de deux ans de l'A380, le très gros porteur d'Airbus, le plan "Power 8", dévoilé fin février, prévoit notamment la suppression de 10.000 emplois chez Airbus et ses sous-traitants. Il doit générer 2,1 milliards d'euros de contribution annuelle au niveau du résultat d'exploitation (Ebit) à partir de 2010 et 5 milliards d'euros supplémentaires de trésorerie cumulée de 2007 à 2010.

Louis Gallois a une nouvelle fois rappelé que ces objectifs avaient été élaborés sur la base de 1,35 dollar pour un euro et a ajouté que l'avionneur devrait prendre des mesures supplémentaires en cas de nouvelle glissade du billet vert.

"Pour l'instant nous faisons tout pour qu'Airbus soit compétitif avec un euro à 1,35 dollar. Nous prenons des couvertures dès que c'est possible. Donc nous avons le temps de voir venir les choses. Mais nous sommes sous la menace d'une nouvelle baisse du dollar", a-t-il déclaré.

Rappelant que la hausse de l'euro pénalisait l'industrie aéronautique européenne, Louis Gallois a appelé les responsables de la Banque centrale européenne (BCE) et les politiques à s'exprimer sur ce sujet.
"Je ne veux faire chanter personne mais je dis les choses comme elles sont: une hausse de dix centimes (de l'euro) équivaut à un manque à gagner d'un milliard d'euros (pour Airbus). La force de l'euro est le reflet des forces du marché. Mais les banquiers centraux, les politiques pourraient donner leur avis sur la force de la monnaie, ce qui pourrait avoir une certaine influence", a déclaré Louis Gallois.

Réagissant aux propos de James McNerney, PDG de Boeing, qui a dit ignorer ce que sera l'Airbus A350 XWB, le concurrent de l'avionneur européen pour le Boeing 787, Louis Gallois a assuré que l'appareil était "complètement défini".

"L'A350 est complètement défini, les performances de l'avion sont définies, le nombre de sièges est défini (...) Si James McNerney veut des renseignements, je peux lui fournir les mêmes que ceux que je donne aux clients", a-t-il déclaré.

Comme Airbus a engrangé deux fois moins de commandes que Boeing depuis le début de l'année, l'avionneur européen voudra sûrement frapper un grand coup dans ce domaine au Bourget. Dans cette guerre d'annonces entre les deux avionneurs, la bataille entre l'A350 XWB et son concurrent le Boeing 787, qui connaît un succès commercial inédit, sera particulièrement suivie.

Le dernier-né de la gamme Airbus, qui entrera en service en 2013, soit cinq ans après le B787, nécessitera des coûts de développement de quelque dix milliards d'euros alors que les retards de l'A380 impacteront les résultats d'EADS de quelque six milliards d'euros jusqu'en 2010.

Louis Gallois a cependant assuré qu'EADS n'avait pas besoin d'argent frais - la trésorerie nette du groupe étant de 3,5 milliards d'euros fin mars - ajoutant que le groupe n'entendait pas, pour l'instant, vendre sa participation de 50% dans ATR ni ses 46,3% dans Dassault Aviation.

"La situation financière d'EADS est telle que, pour le moment, nous n'avons pas besoin d'argent. Notre participation dans Dassault Aviation est un bon actif avec un bon retour sur investissement", a-t-il déclaré. S'agissant d'ATR, dont le groupe italien Finmeccanica est l'autre actionnaire à 50%, Louis Gallois a estimé que c'était une "très bonne affaire". "Nous sommes très heureux d'être dans ATR pour l'instant. Mais une vie c'est long et les choses pourraient changer."

Certaines rumeurs font régulièrement état de la volonté de Finmeccanica d'échanger avec EADS sa part de 25% dans le missilier MBDA - par ailleurs détenu à 37,5% chacun par le groupe européen et par BAE Systems - contre le contrôle total d'ATR, dont les avions à turbo-propulseurs, économes en carburant, se vendent comme des petits pains grâce à la remontée des prix du pétrole.

Louis Gallois a d'ailleurs annoncé que le constructeur avait décroché un contrat de cinq appareils plus cinq options. ATR n'a pas voulu faire de commentaire mais a donné rendez-vous pour une conférence de presse lundi au Bourget.

Au sujet de MBDA, il a déclaré que la société faisait partie du "coeur de métier" d'EADS, laissant entendre que la meilleure solution serait de détenir la totalité du capital de l'entreprise. Il a toutefois ajouté qu'il n'avait pas à se plaindre des relations actionnariales avec BAE et Finmeccanica.

Reprenant sa casquette de patron d'Airbus, Louis Gallois a confirmé que l'entreprise entendait arrêter d'ici fin juillet le choix des entreprises avec qui il compte ouvrir des négociations exclusives pour le rachat, total ou partiel, de six de ses sites en Europe. Il a également réaffirmé qu'Airbus entendait livrer entre 440 et 450 avions en 2007, sous réserve qu'il n'y ait pas de nouvelles grèves.

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