Jean-Louis Borloo attendu avec intérêt sur les déficits par ses partenaires européens

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La première intervention du nouveau ministre de l'Economie et des Finances sur la scène européenne, ce lundi soir, est guettée avec attention. Avant le début de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, le président de l'Eurogroupe a mis la pression en affirmant que la France devait "respecter pleinement le Pacte de stabilité".

Jean-Louis Borloo va devoir faire la démonstration de ses talents d'avocat. Le nouveau ministre de l'Economie et des Finances est en effet attendu avec un certain scepticisme par ses homologues de la zone euro réunis à Luxembourg à partir de ce soir. Plusieurs responsables européens, dont le président de la BCE Jean-Claude Trichet, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia, et le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Junker, ont mis en garde Paris contre un relâchement des efforts de réduction de son déficit public. Le Premier ministre luxembourgeois a ainsi rappelé dans l'après-midi que la France devait "respecter pleinement le Pacte de stabilité", alors que Paris a annoncé d'importantes réductions d'impôts, faisant craindre une aggravation du déficit.

Dans le programme de stabilité transmis à Bruxelles par le gouvernement Villepin, la France s'engageait à ramener les comptes publics à l'équilibre en 2010 mais les différentes promesses fiscales (bouclier fiscal à 50%, allégement des droits de succession, déduction des intérêts d'emprunts, exonérations de charges sociales et fiscales des heures supplémentaires) faites par Nicolas Sarkozy durant la campagne amènent les dirigeants européens à douter de la réalité de cet engagement français. "Les Français doivent évaluer ce qui est possible ou pas. Toutes ces bonnes ou mauvaises idées doivent être prises selon les règles du Pacte. Le Pacte, c'est le Pacte", a affirmé Jean-Claude Juncker à son arrivée à Luxembourg.

Avec un déficit public ramené à 2,5% en 2006 et une dette à 63,7% du PIB, la France ne dispose pas d'une marge de manoeuvre extrêmement large pour rester dans les clous de Maastricht. Dans ce contexte, la facture (plus de 15 milliards d'euros) des mesures en préparation à Paris pour alimenter le fameux "choc fiscal" voulu par Nicolas Sarkozy n'a rien de rassurant pour les partenaires européens de la France. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires répète donc son leitmotiv: "il faut profiter des périodes économiques favorables pour réduire le déficit public". Ce matin, le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet avait affirmé depuis Bruxelles que le respect du Pacte de stabilité et de croissance par tous les gouvernements était "absolument essentiel pour la cohésion de la zone euro".

Lors de leur dernière réunion à Berlin en mai, les grands argentiers de la zone euro avaient signé une déclaration commune sur leur volonté de ramener leurs comptes publics à l'équilibre en 2010, a rappelé une source communautaire proche du commissaire Almunia. Mais le nouveau président français Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il entendait être jugé à la fin de son quinquennat sur la réduction des déficits publics et de la dette.

Face à ces inquiétudes, Jean-Louis Borloo a indiqué à son arrivée dans le grand Duché vouloir gagner la confiance de ses homologues. Après avoir créé "un choc de confiance en France", il faut aussi "créer un choc de confiance avec nos partenaires européens" et "cela va être l'objet de la réunion", a déclaré le nouveau locataire de Bercy.

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