Borloo pose les conditions de son ralliement à Sarkozy

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Dans un livre-programme adressé au candidat UMP, le ministre de l'Emploi et de la cohésion sociale présente ce mardi ses propositions pour construire "une France juste et forte".

Jean-Louis Borloo fait durer le suspense. Il n'apportera son soutien officiel au candidat UMP à la présidentielle que si ce dernier intègre dans son programme ses propositions pour le prochain quinquennat.

Dans le livre-programme - "L'architecte et l'horloger" (Editions du Moment) - qu'il vient d'adresser à Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Emploi et de la cohésion sociale, qui est aussi co-président du parti radical, expose sa vision de la société française et les remèdes qu'il préconise pour s'attaquer aux maux qui la rongent, au premier rang desquels le chômage structurel de masse en vigueur depuis vingt-cinq ans. Un véritable "projet de gouvernement" qu'il soumet au candidat UMP qui doit rendre public fin mars son programme présidentiel.

"Nous devons retrouver l'excellence qui fut longtemps la nôtre dans quatre domaines : l'emploi, la formation, l'équité républicaine et le logement", estime Jean-Louis Borloo qui constate que "depuis trente ou quarante ans, notre pays a décroché". Il propose donc un vaste plan d'actions conformes aux "valeurs de la droite sociale et du centre" qu'il affirme incarner.

Comment ramener un taux de chômage, qui oscille depuis vingt-cinq ans entre 8,5% et 12%, à un taux situé entre 5 et 6% ? Pour Jean-Louis Borloo, le premier effort doit porter sur la réduction des taxes sur l'emploi. Il propose une réduction de 20% de ces taxes, 10% pour l'amélioration immédiate du pouvoir d'achat des salariés et 10% pour soutenir la compétitivité des entreprises. Une opération qui se soldera par un transfert de 60 milliards d'euros de ces taxes sur d'autres assiettes : la CSG et la CRDS, la TVA, l'épargne, l'impôt sur les successions, l'impôt sur les sociétés, la taxation environnementale et l'imposition sur les plus values.

Dans un premier temps, la réduction des taxes sur l'emploi sera réservé aux entreprises de moins de 500 salariés. De même, toute transformation d'un CDD actuel en CDI d'ici au 1er janvier 2008 bénéficierait du même dispositif d'allègement de 20% des charges sociales. Il en sera de même pour toute transformation d'un emploi à temps partiel en emploi à temps plein et pour tout recrutement en CDI d'une personne habitant dans une zone urbaine sensible, d'ici au 31 décembre 2007.

S'inspirant du plan de développement des services à la personne mis en place dans son plan de cohésion sociale, Jean-Louis Borloo suggère d'élaborer un contrat de progrès dans chacun des cinquante grands secteurs d'activité en réunissant toutes les parties prenantes : les professionnels et les experts, les partenaires sociaux, les collectivités locales, l'Etat, les branches professionnelles. Au nom de l'équité républicaine, le ministre de la cohésion sociale veut modifier la fiscalité locale, pour mettre fin à l'inégalité entre les villes pauvres et les autres, en transférant dès 2008 aux communes les plus démunies 1,2 milliard d'euros sur trois ans.

Pour réduire le taux de chômage des jeunes dans les banlieues sensibles, il propose aussi une "mesure exceptionnelle" visant à réserver aux jeunes de ces quartiers 250.000 contrats de professionnalisation financés par l'Etat. Enfin, s'agissant de la politique du logement, il fixe comme objectif de produire 500.000 logements nouveaux par an pendant cinq ans, dont au moins 150.000 logements sociaux, et de tripler l'accession sociale à la propriété.

Même si Jean-Louis Borloo affirme que "rien n'est joué d'avance", son ralliement au candidat UMP ne fait guère de doute. Dès mardi, Nicolas Sarkozy a qualifié de "très intéressante" la contribution du ministre, ajoutant qu'il revenait à lui, candidat, de "faire la synthèse". "J'ai bon espoir, nos chemins vont se retrouver", a ajouté le ministre-candidat qui, pour contrer l'offensive de François Bayrou, a tout à gagner du ralliement de Jean-Louis Borloo, figure emblématique de l'aile gauche de l'UMP.

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