Le Premier ministre japonais s'accroche au pouvoir et promet un remaniement ministériel

Le Premier ministre conservateur japonais, Shinzo Abe a essuyé dimanche une défaite cuisante lors des éléctions sur le renouvellement du Sénat. Malgré cette débâcle historique, il a annoncé lundi qu'il refusait de démissionner tout en promettant un remaniement de son gouvernement.

Les résultats des éléctions sénatoriales partielles parlent d'eux-mêmes: l'impopularité du gouvernement de Shinzo Abe est évidente. Avec un net recul du Parti libéral démocrate (PLD) -dont est issu le Premier ministre- les urnes ont choisi d'exprimer une volonté de rupture. La droite japonaise a vu le nombre de ses sièges divisé par 2 et pour la première fois de l'histoire le président du Sénat ne portera pas l'étiquette du PLD.

Les électeurs ont ainsi exprimé leur colère à travers les urnes. Le peuple nippon reproche à Shinzo Abe les scandales à répétition et une politique trop éloignée de leurs préoccupations. Au cours de ces dix derniers mois, une série de scandales a secoué le gouvernement d'Abe. En dix mois, deux de ses ministres ont dû démissionner à la suite de gaffes ou de malversations et un troisième, mouillé dans des affaires de corruption, s'est suicidé. En outre, le ministre de l'Agriculture est accusé d'avoir falsifié des factures dans le cadre de ses activités politiques. Le Premier ministre a en outre ignoré les principales préoccupations des Japonais, à savoir la stagnation des salaires, un système de retraites sinistré et le déséquilibre économique entre Tokyo et le reste du pays. En voulant mener tambour battant une refonte du système éducatif -jugé trop à gauche- et réviser la Constitution pacifiste de 1947, ses deux chevaux de bataille, Shinzo Abe n'a pas su comprendre les soucis quotidiens du peuple nippon.

Responsable de la débâcle des élections, le Premier ministre ne veut pourtant pas démissionner. "Il est de ma responsabilité de continuer ma mission de bâtir une nouvelle nation et d'oeuvrer aux réformes" a-t-il expliqué. Pour rassurer, il s'est engagé à procéder à un remaniement très prochainement. En ce qui concerne la réforme constitutionnelle, controversée, Shinzo Abe a mis lundi un peu d'eau dans son vin en se disant ouvert à un "grand débat national" dans les prochaines années.

La décision de Shinzo Abe n'est pas du goût de la presse locale puisque bon nombre d'éditorialistes ont exprimé lundi leur colère : "Le verdict est des plus sévères et mérite la démission du Premier ministre Abe", a jugé l'influent quotidien de gauche Asahi. "Le peuple a dit non au programme d'Abe qui est centré sur l'idéologie plutôt que sur la vie de tous les jours", a souligné le Mainichi.

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