L'AIE revoit à la hausse la demande mondiale de pétrole

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Les problèmes d'approvisionnement au Nigeria ont conduit l'Agence internationale de l'énergie à revoir en baisse sa prévision d'offre de pétrole sur l'année. A l'inverse, la demande est plus forte que prévue, en particulier au Nigeria, en Indonésie, à Singapour, au Venezuela et dans les pays de l'ex-Yougoslavie.

Plus de demande et moins d'offre. La nouvelle équation pétrolière calculée par l'Agence internationale de l'Energie (AIE) pour les mois à venir a de quoi nourrir l'inquiétude des marchés. La demande mondiale a été révisée en hausse de 2% soit 1,7 million de barils par jour (mbj) à 86,1 mbj en 2007, soit 420.000 barils de plus que lors de sa précédente estimation.

L'AIE s'inquiète très clairement une nouvelle fois de l'approvisionnement en essence, dans son rapport mensuel publié ce mardi. L'Agence demande aussi à nouveau à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) d'augmenter son offre, qu'elle juge, combinée aux tensions sur le marché de l'essence, responsable de la récente hausse des prix de l'or noir.

La hausse de la demande provient surtout des pays situés hors de la zone OCDE, en particulier du Nigeria, de l'Indonésie, de Singapour, du Venezuela et des pays de l'ex-Yougoslavie. La demande chinoise a pour sa part été revue en baisse: elle devrait croître de 6,1% en 2007, contre 6,4% pour la précédente estimation, à 7,6 mbj. En Europe, la demande a progressé de 1% en avril, tirée par la demande de diesel et kérosène et malgré un plongeon de la demande de fioul de chauffage en raison de températures très élevées pour la saison.

A l'inverse, l'offre mondiale a été revue à la baisse de 565.000 barils par jour, à 84,9 mbj, comparé au précédent rapport mensuel de l'AIE, et devrait selon l'AIE progresser de 0,9% en 2007. La production des pays non membres de l'Opep (dont la Russie, premier producteur énergétique mondial) a été revue à la baisse de 110.000 barils par jour (bj) à 50,2 mbj.

L'offre de l'Opep a notamment souffert d'interruptions de production au Nigeria, en raison des troubles politiques.
L'offre excédentaire du cartel est estimée à 2,8 mbj, mais jugée "inutile" par l'AIE si elle ne peut être mise sur le marché en raison des difficultés qui entravent la production de produits raffinés: parc de raffineries insuffisant et réglementation complexe sur les émissions de gaz polluants, différant d'un Etat américain à l'autre notamment. Le rapport souligne que les stocks d'essence de l'OCDE "sont bien en-dessous de leur moyenne des cinq dernières années".

L'AIE demande malgré tout à l'Opep de mettre sur le marché sa capacité excédentaire: "une capacité n'est excédentaire que si elle est disponible pour le marché". "Par conséquent, s'il est clair que beaucoup de la récente augmentation des prix du brut a été causée par les tensions sur le marché de l'essence, une part de cette hausse est due à la réduction de l'offre de l'Opep", ajoute l'AIE.

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