La droite aborde le second tour des législatives avec sérénité

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L'UMP et ses alliés devraient l'emporter largement dimanche, mais les sondages divergent sur l'ampleur de leur victoire. La prochaine Assemblée nationale sera dominée par deux grands groupes politiques, UMP et PS, qui laisseront peu de place aux autres formations.

Deux jours avant le second tour des législatives, la gauche semble s'être résignée à la victoire de l'UMP, même si les appels des ténors socialistes à la mobilisation et au "sursaut" se sont multipliés ces derniers jours. Quelle sera l'ampleur de la victoire du camp de Nicolas Sarkozy et de François Fillon ? Telle est la seule question qui désormais se pose. Et sur ce point les sondages divergent encore.

Selon l'enquête Ipsos/Dell pour SFR et Le Point, publiée ce vendredi, la majorité présidentielle obtiendrait entre 401 à 436 sièges et la gauche de 137 à 174 sièges lors du second tour. L'UMP et les divers droite obtiendraient de 379 à 411 sièges, le Nouveau Centre de 20 à 23 sièges et le MPF de Philippe de Villiers 2 sièges, selon le sondage. Le PS, associé au PRG (radicaux de gauche), au MRC (chevénementistes) et aux divers gauche, obtiendrait de 125 à 156 sièges, le parti communiste de 10 à 15 sièges, et les Verts de 2 à 3 sièges. De leur côté, le Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou est crédité de 2 à 3 sièges et le Front National d'aucun.

Selon des projections CSA-Cisco parues ce vendredi dans Le Parisien et Aujourd'hui en France, l'UMP et ses alliés obtiendraient de 420 à 463 sièges aux élections législatives, contre 95 à 130 pour le PS et ses alliés, 10 à 15 pour le PCF, et de 1 à 3 chacun pour le MPF, pour le MoDem et pour les Verts. Une évolution notable car les projections réalisés par CSA au premier tour des législatives donnaient 460 à 495 sièges pour l'UMP et ses alliés, 60 à 90 pour l'alliance PS/PRG/MRC, de 9 à 15 pour le PCF, de 2 à 6 pour le MPF, de 0 à 2 pour le MoDem et les Verts.

Visiblement, la gauche a su exploiter pendant la semaine les atermoiements du gouvernement sur la "TVA sociale". Nicolas Sarkozy a d'ailleurs dû calmer le jeu lui même en précisant jeudi soir qu'il n'augmenterait pas la TVA si cela entraînait une baisse du pouvoir d'achat. Toujours selon CSA pour Le Parisien, 60% des Français sont opposés à la TVA sociale envisagée par le gouvernement. Autre intervention gouvernementale, qui tombait à pic ce vendredi, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Economie et des Finances, vient d'annoncer que le prix du gaz "n'augmentera pas dans les prochains mois", a priori jusqu'à la fin de l'année.

Le scrutin de dimanche se présente donc sous de bons auspices pour le gouvernement. Alors que la droite avait souffert d'un grand nombre de triangulaires meurtrières (avec des candidats du Front National) lors des précédents scrutins, ce risque est aujourd'hui écarté. Sur 467 sièges à pourvoir, une seule triangulaire subsiste dans les Pyrénées-Atlantiques, opposant le candidat sortant du Modem, Jean Lassalle, célèbre pour sa grève de la faim et ses chants pyrénéens à l'Assemblée nationale, à un candidat de l'UMP et un autre du PS.

Les autres scrutins se résument le plus souvent à un traditionnel duel droite-gauche. En revanche, deux députés sont d'ores et déjà assurés d'être élus. Grâce à un accord entre le PS et le PC, le communiste Jean-Pierre Brard se retrouve seul en lice à Montreuil (Seine-Saint-Denis), comme le socialiste Patrick Roy à Denain (Nord), tous les autres candidats ayant été éliminés au premier tour.

La grande inconnue reste le nombre de groupes politiques qui pourront se constituer à l'Assemblée après l'élection. A côté de l'UMP et du PS, le Nouveau Centre d'Hervé Morin aura-t-il ses vingt députés ? En revanche, il est acquis que le MoDem et les Verts n'en auront pas assez, et il est fort probable que le PC perde son groupe. 23 communistes sont en lice dimanche, et il faudrait un miracle électoral pour qu'ils l'emportent en nombre suffisant.

Le Front National, de son côté, n'est présent que dans une circonscription, avec Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais. Son score est attendu avec curiosité. Parmi les autres scrutins à surveiller, les caméras vont être pointées sur les ministres en ballotage dimanche dernier : Alain Juppé (Ecologie) à Bordeaux, Michèle Alliot-Marie (Intérieur) dans les Pyrénées-Atlantiques, Christine Boutin (Logement et Ville) dans les Yvelines, et Roselyne Bachelot (Santé) dans le Maine-et-Loire.

A gauche, on surveillera avec attention le score d'Arnaud Montebourg, ancien porte-parole de Ségolène Royal lors de la présidentielle, en difficulté en Saône-et-Loire, comme celui de François Hollande (Corrèze), de Laurent Fabius (Seine-Maritime), de Jean-Louis Bianco (Alpes-de-Haute-Provence), de Jean-Pierre Chevènement (Belfort) ou de Jack Lang (Pas-de-Calais).

Au premier tour, le 10 juin, l'UMP et ses alliés ont remporté 107 sièges, le MPF 2 et le PS un seul.

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