Fimalac offre 245 millions d'euros pour acheter Les Echos

 |   |  740  mots
La holding de Marc Ladreit de Lacharrière annonce avoir déposé une offre de 245 millions d'euros pour acheter le quotidien économique. Une offre qui concurrence directement celle de LVMH. La rédaction des Echos s'est prononcée massivement pour la solution Fimalac. Les représentants du personnel du journal demandent à LVMH de retirer son offre. Le groupe de luxe "confirme sa volonté" d'acquérir Les Echos.

Rebondissement dans la bagarre pour l'acquisition du quotidien économique Les Echos. La holding Fimalac, dirigée par Marc Ladreit de Lacharrière, a annoncé ce jeudi avoir déposé une offre conditionnelle de rachat de 245 millions d'euros pour le quotidien économique français auprès du groupe britannique Pearson. L'offre de la holding, propriétaire de l'agence de notation Fitch Ratings, concurrence ainsi celle de 240 millions de LVMH, en négociation exclusive avec Pearson à ce sujet.

"En réponse à la demande de l'équipe de direction de la rédaction des Echos, Marc Ladreit de Lacharrière, PDG de Fimalac, a soumis le 11 juillet 2007 aux administrateurs, qui l'ont approuvé à l'unanimité, un projet d'offre d'acquisition du capital du Groupe Les Echos", explique Fimalac dans un communiqué. "L'unique condition suspensive de l'engagement de Fimalac, sera l'approbation de son offre par la majorité des journalistes réunis en assemblée générale", ajoute la holding qui s'engage sur le "maintien de l'emploi" et de "l'indépendance éditoriale".

"Le directeur de la rédaction sera nommé sur proposition de Fimalac, avec l'approbation d'au moins 55% des votes exprimés par les journalistes", précise aussi le communiqué

Cette acquisition "permettrait à Fimalac de compléter sa présence dans le secteur de l'information financière et économique où il est déjà un acteur important à travers l'agence de notation internationale Fitch Ratings et la société de mesure du risque Algorithmics", explique la société.

En réponse à cette annonce, le groupe Pearson a déclaré que cette nouvelle offre, même si elle constitue un élément d'information nouveau, ne "change rien au fait que nous avons une période d'exclusivité avec LVMH" et que celle-ci se poursuit.

En début d'après-midi, ce jeudi, la rédaction des Echos s'est prononcée unanimement en faveur de l'offre de rachat déposée par Fimalac, à 190 voix "pour" et un vote blanc, lors d'un vote à bulletins secrets organisé à l'issue d'une assemblée générale.

Après ce vote, les élus du comité d'entreprise et les syndicats des Echos demandent à LVMH de retirer son offre de rachat du groupe, afin que le groupe britannique Pearson, propriétaire des Echos, puisse examiner celle de Fimalac. Celle-ci, qui a renchéri sur LVMH en proposant 245 millions d'euros pour Les Echos, "est mieux disante (...) par rapport à celle de LVMH, avec lequel Pearson est engagé dans des négociations exclusives", estiment les élus et les syndicats dans un communiqué. Outre un "bon prix", Fimalac s'est engagé à "maintenir l'indépendance éditoriale des titres du groupe et à protéger les intérêts des salariés", rappellent-ils. Elus et syndicats "se félicitent du vote massif" des salariés en faveur de cette offre.

Dans un communiqué publié en fin d'après-midi, le groupe LVMH "confirme sa volonté d'aboutir dans l'acquisition du groupe Les Echos". "LVMH, par ailleurs propriétaire du groupe de presse multimédias DI (Desfossés International), - qui réunit 5 titres, près de 300 journalistes et réalise plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires - s'étonne des attaques dont il fait l'objet sur le thème de l'indépendance éditoriale, attaques qui font injure aux journalistes du Groupe DI, à leur indépendance et donc à leur crédibilité", poursuit le texte qui rappelle que le groupe de luxe s'était engagé sur l'indépendance de la rédaction et le maintien de l'emploi aux Echos.

D'origine ardéchoise, ancien élève de l'Ecole nationale d'administration (ENA), né le 6 novembre 1940, Marc Ladreit de Lacharrière est fondateur et président du groupe Fimalac. Il est aussi président de Fitch, société d'analyse financière, membre du conseil de surveillance de Casino et du groupe Flo, administrateur de L'Oréal, société dont il fut vice-président-directeur général adjoint de 1984 à 1991, membre du Conseil international de Renault Nissan depuis 2000, membre du Conseil consultatif de la Banque de France depuis 1997, précise une notice de l'Académie des Beaux-Arts dont il est membre.

Son intérêt pour la presse n'est pas nouveau. Il a présidé un temps aux destinées du groupe Valmonde (Valeurs actuelles, Spectacle du Monde, Le Journal des finances), passé ensuite dans les mains de Serge Dassault. Enfin, la Revue des Deux Mondes, fondée en 1829, qui est la plus ancienne revue d'Europe, a été acquise en 1991 par Fimalac ; elle est depuis lors présidée par Marc Ladreit de Lacharrière.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :