Le FMI critique la politique de change chinoise

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Les fluctuations sur le yuan sont encore trop encadrées. Le système, qui empêche la monnaie chinoise de s'apprécier, contraint les autres monnaies de la région du même coup. Tout cela entraîne de dangereux déséquilibres, a déclaré le FMI à un forum marquant l'anniversaire de la crise asiatique.

Dix ans plus tard, la crise est oubliée. Mais si l'Asie a réussi à se remettre en selle, après la débandade qu'elle avait connu, notamment sur les monnaies de la région, la situation n'est pas pour autant saine. C'est en substance ce qu'a déclaré David Burton, le directeur de l'Asie au Fonds Monétaire International (FMI), à l'occasion d'un forum qui marquait l'anniversaire de la crise.

Ce qui préoccupe le Fonds cette fois-ci c'est le manque de flexibilité de la monnaie chinoise. Elle flotte autour d'un cours pivot calculé chaque jour, dans une fourchette allant de + 0,5% à - 0,5% seulement. Même s'il s'agit d'une amélioration par rapport au taux fixe d'il y a quelques mois, les fluctuations, dont l'ampleur est encore trop faible, empêchent de fait le cours du yuan de s'apprécier fortement par rapport au dollar, comme il devrait le faire, compte tenu d'autres facteurs économiques. Evidemment, Pékin ne souhaite pas une trop forte appréciation de sa monnaie, qui pénaliserait son commerce extérieur en renchérissant les prix de ses produits à l'exportation.

Si cette situation énerve passablement le Trésor américain, qui cherche à corriger l'énorme déficit de sa balance commerciale avec la Chine, elle est aussi, selon le FMI, source de déséquilibres locaux. Les pays de la région n'ont en effet pas d'autre choix que d'imiter la politique de change chinoise, de peur qu'un renchérissement de leur propre monnaie vis à vis du dollar ne pénalise à son tour leurs exportations. Du coup, la politique chinoise fait tache d'huile et ce sont toutes les monnaies de la région qui restent contraintes.

Non seulement cette politique est artificielle, fait valoir le FMI, mais en plus, elle contribue à l'accumulation de réserves de change : les banques centrales engrangent en effet les flux provenant du commerce international. Que font-elles avec ces fonds ? Elles les prêtent, à des taux très bas, à l'économie locale. Une bonne chose en soi, certes. Mais qui présente aussi des inconvénients. Quand l'argent ne vaut pas cher, on a tendance à le gaspiller. Certains investissements ne présentent pas grand intérêt, sont superflus ou inefficaces.

Or, c'est précisément ce genre de situation, celle de flux de capitaux excessifs créant finalement une bulle, qui avait, en éclatant, généré la crise asiatique il y a dix ans...

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