L'économie française décroche par rapport à ses voisins européens

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La croissance a atteint 2% seulement en France en 2006 contre 2,7% en Allemagne et pour l'ensemble de la zone euro. L'économie française, qui fut un temps la locomotive de la zone euro, est désormais reléguée au rang de simple wagon. Il n'y a que le Portugal qui fasse moins bien que la France, également lanterne rouge de la croissance au sein du G7 avec l'Italie.

L'économie française décroche. En 2006, la France a cru moins vite que la zone euro pour la deuxième année consécutive. La croissance française a atteint 2% seulement en 2006 contre 2,7% pour l'ensemble de la zone euro. L'écart ne fait donc que se creuser puisqu'il est passé de 0,3 point en 2005 à 0,6 point en 2006. "Qu'il est loin le temps où la France était la locomotive économique de la zone euro", souligne Marc Touati, de l'association pour la connaissance et le dynamisme économique (ACDE).

La croissance française figure à la onzième place de la zone euro à douze (juste devant le Portugal) et, bien sûr, à la douzième place si l'on inclut la Slovénie. La pluie de chiffres tombée aujourd'hui témoigne d'un véritable redémarrage de la croissance en Europe l'an dernier. En 2006, la croissance a atteint 3,8% en Espagne, 3,2% en Autriche, 2,9% aux Pays-Bas, 2,7% au Royaume-Uni, 2,7% en Allemagne et 2% en Italie. Mais la France est restée à la traîne.

Pour la première fois depuis 1994, la France réalise une croissance très nettement inférieure à celle de son principal partenaire commercial, l'Allemagne. "La France commence à décrocher et rien ne permet de dire que 2007 inversera la tendance, estime Marc Touati. En effet, si déjà dans un contexte de croissance mondiale et européenne soutenues, celle de l'Hexagone ne parvient pas à dépasser les 2%, il est à craindre qu'elle n'y arrivera pas en 2007 alors que les croissances mondiale et européenne ralentiront. Et ce d'autant que l'attentisme préélectoral et la vigueur excessive de l'euro n'arrangeront pas les choses". La croissance serait en effet comprise entre 2% et 2,3% en 2007, selon le président de l'Eurogroupe et premier ministre Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

"En dépit d'une croissance longtemps timide, l'Europe a bénéficié de créations d'emploi soutenues au cours de ces dernières années avec une baisse de près d'un point du taux de chômage structurel, souligne toutefois l'OCDE dans son rapport annuel "Objectif Croissance". L'OCDE met toutefois en garde ses pays membres contre la "tentation du relâchement", craignant que l'embellie économique ne les dissuade de mener les réformes structurelles qu'elle juge indispensables, notamment dans le domaine du marché du travail, "afin de retrouver le plein emploi".

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