Service minimum : Bernard Thibault promet une rentrée "tendue"

Le secrétaire général de la CGT dénonce une nouvelle fois, ce mercredi, le projet de loi sur le service minimum dans les transports. Il annonce une journée d'action pour le 31 juillet et promet une rentrée sociale "tendue".

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Alors que le projet de loi sur le service minimum dans les transports est examiné depuis mardi par le Sénat, Bernard Thibault dénonce ce mercredi "l'inutilité, voire la dangerosité" d'un texte qu'il qualifie de "bel exemple d'hypocrisie politique". "On laisse entendre aux usagers des transports que la grève est le premier fléau qui les affecte. Or, 90% des perturbations dans les transports n'ont rien à voir avec la grève : elles sont le plus souvent liées à des incidents techniques", estime ainsi le secrétaire général de la CGT, dans un entretien accordé au journal Libération.

"Deuxième hypocrisie: on laisse croire aux usagers qu'ils peuvent bénéficier d'un service garanti. Si on leur dit qu'ils auront quelque chose et qu'ils ne l'ont pas, cela générera chez eux rancoeur et colère. Ces citoyens auront le sentiment d'avoir été trompés", poursuit-il. La consultation du personnel à bulletins secrets après huit jours de grève constitue, selon lui, un autre exemple d'hypocrisie du texte: "l'article de loi précise que le vote n'aura aucun impact sur le déroulement de la grève, parce que le droit protège, heureusement, les minorités. On veut surtout cultiver les conflits."

Dans le même temps, Bernard Thibault critique la déclaration préalable, obligeant un salarié à se déclarer gréviste quarante-huit heures avant le conflit sous peine de sanction disciplinaire. "En 2003, la Cour de cassation, à propos d'un conflit à Air France, avait considéré que la déclaration préalable était une atteinte au droit individuel de faire grève", rappelle-t-il. "C'est comme si on demandait aux électeurs de s'engager à voter pour quelqu'un deux jours avant une élection"

"Le sujet est suffisamment grave pour que nous lancions, le 31 juillet, une journée d'action contre cette loi sur le service minimum dans les transports, susceptible de s'étendre maintenant à d'autres secteurs", annonce le secrétaire général de la CGT. "A la rentrée, les questions sociales seront aussi prédominantes qu'elles l'ont été pendant la période de débat électoral (...) Si le gouvernement continue d'ignorer l'opinion des syndicats, il ne pourra pas s'étonner que l'ambiance devienne plus tendue. Il n'y a pas besoin de préavis formel pour cela", conclut-il.

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