Altadis grimpe sur des rumeurs de contre-offre de CVC
La Tribune
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Le spectre d'une contre-offre par des fonds d'investissement planait sur le dossier Altadis depuis qu'Imperial Tobacco a approché le fabricant de cigarettes franco-espagnol le 14 mars dernier. La menace semble prendre forme : selon le Financial Times de ce vendredi, le fonds d'investissement britannique CVC Capital Partners serait à "un stade avancé" des négociations pour former un consortium avec d'autres fonds, notamment le français PAI et Cinven.
CVC, qui vient de renoncer au rachat du distributeur britannique Sainsbury pour 14,8 milliards d'euros, serait le meneur des discussions et aurait déjà rencontré les dirigeants d'Altadis le mois dernier pour leur exprimer son intérêt. De surcroît, l'un des administrateurs du cigarettier, Carlos Colomer Casellas, siège au comité de surveillance de CVC...
L'équipe sur le point de former le consortium aurait besoin, pour monter son montage LBO ("leverage buy-out", rachat recourant massivement à l'endettement), d'apporter au moins 4 milliards d'euros en capital et aurait contacté plusieurs grands établissements bancaires européens pour financer le solde de l'opération par emprunt, comme Société Genérale, Calyon, Royal Bank of Scotland et ING. Altadis pèse, au cours actuel, 12,4 milliards d'euros.
A la Bourse de Madrid, l'action Altadis gagne plus de 2% en fin de matinée, à 48,70 euros. C'est 3,6% de plus que l'offre révisée d'Imperial Tobacco rejetée le week-end dernier par le conseil d'administration d'Altadis. Le fabricant de cigarettes britannique, connu pour ses marques West, JPS, Davidoff et le papier à rouler Rizla, avait proposé en première approche 45 euros par action, soit 11,5 milliards d'euros. Il pourrait revenir à la charge une troisième fois en relevant son prix si une contre-offre se précise.
Selon le journal espagnol Negocio, CVC s'apprêterait à proposer entre 50 et 52 euros par action, soit l'équivalent de 12,8 à 13,3 milliards d'euros, mais envisagerait plutôt le bas de cette fourchette. La perspective d'un rachat par un montage LBO, entraînant un alourdissement de la dette d'Altadis, est prise au sérieux sur les marchés des dérivés de crédit : le coût pour s'assurer contre un risque de défaut de paiement du groupe, mesuré par les "credit default swaps" (CDS), s'est fortement accru depuis jeudi.
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