Le prix du pétrole remonte après la baisse des réserves d'essence aux Etats-Unis

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Le baril de brut repasse au-dessus des 62 dollars à New York. Les stocks d'essence diminuent pour la neuvième semaine de suite aux Etats-Unis. Les attentats ayant secoué Alger maintiennent les opérateurs aux aguets.

La publication, ce mercredi après-midi, de l'état des réserves d'hydrocarbures aux Etats-Unis a mené les intervenants du marché new-yorkais à faire repartir les cours du pétrole à la hausse. Sur le Nymex, le prix du baril de WTI livrable en mai prochain progresse de 0,5% pour repasser au-dessus des 62 dollars. Le cours de l'essence remonte de son côté de 1,6% pour s'échanger à 2,16 dollars le galon.

Il ressort des derniers chiffres publiés par le département de l'Energie américain que les stocks d'essence continuent de fondre, comme ils le font depuis deux mois : ceux-ci ont encore diminué de 5,5 millions de barils la semaine dernière, soit moins que ce qui était prévu, leur recul atteignant 12% en l'espace de neuf semaines. A la diminution connue au mois de février, habituelle en raison des travaux de maintenance ralentissant le rythme d'activité des raffineries, vient s'ajouter une consommation d'essence plus importante qu'au cours des années précédentes à pareille époque. Résultat: les stocks sont actuellement inférieurs au niveau moyen affiché ces cinq dernières années.

Cette baisse intervient alors que les raffineries devraient commencer à remonter en puissance et à garnir leurs stocks, afin que ceux-ci soit suffisamment importants, à partir du mois de mai, pour affronter avec sérénité le pic de la consommation de carburants dans le pays, la fameuse "driving season". Ceci explique pourquoi la poursuite du creusement des stocks conduit les opérateurs à parier sur le maintien des cours à des niveaux élevés.

Les dernières données sur le rythme d'activité des raffineries - celles-ci tournent à 88,4% de leurs capacités, contre 87% la semaine précédente - montrent cependant que celles-ci s'attèlent à garnir les stocks. Une activité reflétée par la plus faible augmentation des réserves de brut, le pétrole utilisé par les raffineurs. Celles-ci se sont accrues de 0,7 million de baril, soit moins de la moitié du gonflement attendu.

Les quantités de brut entreposées au terminal de Cushing, en Oklahoma, ont encore légèrement progressé la semaine dernière. Celles-ci sont très surveillées car elles servent de référence au marché new-yorkais. Sur un mois, elles avaient progressé de plus de 10%, en raison de plusieurs interruptions de production des raffineries américaines, en particulier dans celle gérée par Valero au Texas, endommagée à la suite d'un incendie le mois dernier.

"Les cours continuent d'avoir une marge de recul limitée, car les facteurs qui les ont amenés à ce niveau [au-dessus des 60 dollars, ndlr] sont toujours en place", avertit Michael Fitzpatrick, un des responsables de la gestion des risques énergétiques au sein de la Fimat, maison de courtage new-yorkaise dépendant de la Société Générale. Certes, l'apaisement des tensions menaçant le trafic des tankers dans le Golfe persique, après la libération des marins britanniques capturés par l'Iran, a dégonflé le "prix de la peur" venant s'ajouter au cours du brut, selon le mot d'un spécialiste.

Il n'en reste pas moins qu'aussi bien les propos de l'Iran sur "sa capacité à procéder à l'enrichissement de l'uranium à large échelle", que la volonté de Pékin d'imposer à ses compagnies pétrolières de "détenir des réserves minimales" et d'accélérer la "construction - et le remplissage - de réserves stratégiques d'hydrocarbures", continuent de maintenir un "niveau plancher" au-dessous duquel le prix du brut semble avoir des difficultés à descendre, poursuit Michael Fitzpatrick. Et ceci sans compter les nouvelles violences qui viennent de secouer l'Algérie. Un interlocuteur se présentant comme un porte-parole du mouvement Al-Qaïda a revendiqué les deux attentats qui ont fait au moins 23 morts et 162 blessés à Alger, selon un dernier bilan provisoire.

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