L'économie européenne menacée par son évolution démographique

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Appauvrissement, endettement, redistribution des richesses de l'Europe vers l'Asie: le vieillissement et l'accroissement de la population mondiale auront des impacts non négligeables sur la croissance dans les toutes prochaines décennies. Immigration et natalité permettent aux Etats-Unis de tirer leur épingle du jeu.

En 2050, la planète comptera neuf milliards d'habitants, dont huit dans les pays les moins développés et 25% de retraités. D'après ces prévisions médianes publiées par l'ONU, la Société Générale s'est penchée sur les conséquences économiques de ces évolutions.

En premier lieu, le taux de dépendance, c'est-à-dire la proportion de seniors inactifs par rapport à la population d'âge actif (14-64 ans), restée quasiment inchangée au cours du demi siècle passé (durant lequel la population a gagné 150% contre 50% d'ici 2050), va doubler, passant de 11% aujourd'hui à 25% en 2050.

"Au niveau mondial, la baisse du nombre d'actif équivaudrait à une perte en termes de PIB par tête de 6,6% au cours de la période 2005-2050 soir de 0,15% par an", indique Véronique Riches-Flores, chef économiste à la Société Générale. Les pays émergents les plus dynamiques ne sont pas épargnées par ce vieillissement et la baisse de la population active. L'économiste précise que les économies en développement sont toutefois mieux parées que les autres pour affronter cette évolution grâce au potentiel de gains de productivités.

Résultat: une forte redistribution du PIB mondial. Le poids de l'Asie gagnerait 8 points dans le PIB mondial, celui des Etats-Unis 4 points (lire encadré ci-dessous), celui de l'Afrique un point. Grand perdant de ces bouleversements, l'Europe, dont le poids se trouverait réduit de plus de 12 points.

Autre phénomène attendu, l'épargne reculerait avec le vieillissement de la population dans les pays développés (il n'y a qu'en France que l'épargne concerne avant tout les personnes âgées), alors que les pays en développement continueraient de remplir leur bas de laine. Enfin, conséquence du vieillissement et d'une insuffisante maîtrise des dépenses publiques, le ratio dette/PIB pourrait être multiplié par cinq dans l'Union européenne des 25 d'ici deux décennies à peine.

Quelques cas particuliers
Au contraire d'une Europe vieillisante et bientôt de moins en moins nombreuse, les Etats-Unis bénéficient d'une immigration élevée (1 à 1,2% de la population active depuis le début des années 1980) et d'une stabilisation de sa fécondité qui permettra de faire croître la la population active en âge de travailler, c'est à dire entre 15 et 64 ans, à peu près au même rythme que les plus âgés. De son côté, la France, championne européenne de la natalité, et la Suède, également sauvée par sa natalité et sa politique d'immigration, permettront de stabiliser la population en âge de travailler, bien qu'elle décline proportionnellement aux personnes âgées. En revanche, ce sont le Japon et l'Allemagne qui présentent les profils les plus inquiétants.

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