Royaume-Uni : Brown, la rupture à la sauce britannique

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La passation de pouvoirs entre Tony Blair et Gordon Brown a eu lieu dans l'après-midi. Ministre des Finances pendant dix ans, artisan du succès économique britannique, complice de Blair dans la création du New Labour, le nouveau Premier ministre a malgré tout essayé de placer son mandat sous le signe du changement.

Nicolas Sarkozy semble avoir fait école. Comme le président français, arrivé à l'Elysée en prônant la rupture avec la politique du passé malgré son appartenance à la majorité sortante, Gordon Brown, qui a été pendant dix ans le ministre des Finances (chancelier de l'Echiquier) de Tony Blair, s'est fait lui aussi l'apôtre du changement. En arrivant, un peu avant 15 heures au 10 Downing Street, après avoir reçu à Buckingham Palace de la reine Elisabeth II le mandat de former le nouveau gouvernement, Brown n'a eu qu'un maître mot: "change".

Devant les médias (et les caméras) l'attendant en masse, le successeur de Tony Blair a répété ce mot plusieurs fois. D'une voix grave et émue, sa femme Sarah à ses côtés, il a affirmé avoir écouté pendant ces mois de campagne le message des militants travaillistes et des électeurs, voire du peuple britannique. "Les Britanniques demandent un changement dans le système de santé, un changement dans l'éducation, un changement dans le politique de logement; ils veulent un changement par rapport à la politique du passé".

L'ex-chancelier a promis d'incarner cette mutation, laissant comprendre que l'ère de Tony Blair était désormais bien finie. Mais, avant même de décliner une liste d'objectifs pour son gouvernement, il a proclamé sa devise, qu'il a reprise - a-t-il dit - des temps où il était écolier à Kirkcaldy, dans son Ecosse natale: "J'essayerai de faire tout mon possible" ("I will try my utmost").

Une telle devise a intrigué quelque peu les commentateurs de la BBC, qui ont vu dans cet engagement non pas la promesse d'un résultat, mais la promesse d'un effort. Une façon peut-être de prendre d'ores et déjà des distances vis-à-vis de Tony Blair, dont la politique de communication a été édifiée, tout au long de son gouvernement, autour du motif du succès.

Comme un duo rôdé, Brown et Blair (pour la première fois, l'ordre des noms est légitimement renversé) se sont au moins partagés la journée. La matinée a vu Tony participer pour la dernière fois à la session hebdomadaire des questions réponses à la Chambre des Communes, où il a même reçu une "standing ovation" assez rare, les conservateurs et les libéraux démocrates lui rendant hommage aux côtés des députés travaillistes; ensuite, démissionnaire, le Premier ministre s'est rendu à Buckingham Palace, où il a remis son mandat à la reine.

A quelques minutes d'intervalle, Gordon quittait le Trésor et se rendait à son tour au palais royal pour recevoir son mandat, puis revenait en direction de Downing Street, lui-même étant cette fois la vedette. Cravate bleu, expression concentrée, se laissant finalement aller à des sourires et saluant les journalistes juste avant de franchir la porte du numéro 10, Gordon Brown a tenu, avant et après "l'épreuve" du micro, la main de Sarah, élégante dans son tailleur aux couleurs crème et rouge.

De Tony à Gordon, de Cherie à Sarah, un nouveau couple habite Downing Street depuis cet après-midi. Demain, vers midi, le Premier ministre présentera son gouvernement, qu'il a promis d'être ouvert à tous les hommes et les femmes de bonne volonté, à tous les talents. Un gouvernement, a-t-il dit, qui travaillera pour atteindre un consensus plus large, allant au delà des clivages des partis. On a déjà entendu ça, et tout récemment...

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