Le suisse Converium recommande de rejeter l'offre du réassureur français Scor
La Tribune
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La consigne est désormais officielle, même si Converium avait déjà vivement exprimé son refus de se faire avaler par Scor. Dix jours avant l'ouverture de l'offre hostile du réassureur français, prévue officiellement le 23 avril, le conseil d'administration de son rival suisse a enjoint vendredi matin ses actionnaires de rejeter cette OPA-OPE de 1,9 milliard d'euros, dévoilée à la fin février. Le prospectus officiel présentant les recommandations du conseil sera publié vendredi après la clôture et paraîtra dans la presse suisse samedi.
La principale raison du rejet unanime du conseil de Converium est que cette offre en cash et en actions "sous-évalue fondamentalement la marque et les perspectives de croissance de Converium." Le prix proposé (4 francs suisses et 0,5 action Scor) représente une prime de 12% par rapport au cours précédent l'annonce de l'acquisition de 32,9% du capital de Converium par Scor le 17 février. La prime est de 16% par rapport au cours moyen sur un mois, alors que les primes en cas d'offres hostiles sur des sociétés suisses depuis 2005 dépassent 50%.
Le conseil invoque aussi les risques importants d'exécution et d'intégration des activités du fait de la nature hostile de l'offre de Scor qui "menace de détruire de la valeur pour les actionnaires de Converium et de saper la stabilité des actions Scor", qui constitue 80% de l'offre, une monnaie d'échange "faible", les actions étant "volatiles, et susceptibles de se déprécier encore davantage".
Surtout, Converium souligne que de nombreux contrats de réassurance comprennent des clauses en cas de changement de contrôle. Plusieurs clients ont déjà exprimé leur intention d'exercer cette clause et changer de réassureur si Converium tombait dans l'escarcelle de Scor, notamment la société GAUM, l'une des principales agences de souscription dans l'assurance aérienne et spatiale, et MDU, principale organisation britannique de défense médicale. Au total, le groupe évalue la perte potentielle de revenus en primes à 800 millions de dollars, soit 590 millions d'euros.
La direction de Converium pointe aussi le relèvement récent de sa note de crédit par Standard & Poor's à A-, qui reflète les faibles risques attachés à sa stratégie en solo. En revanche, elle se montre dubitative sur la capacité du nouvel ensemble Scor-Converium à répondre aux critères d'un tel rating.
Le président de Scor, Denis Kessler, s'est déclaré très confiant sur l'issue de l'offre, qui sera ouverte du 23 avril au 22 mai: il affirme que les actionnaires de Converium ne sont plus les mêmes depuis l'annonce de l'OPA et qu'il s'agit essentiellement d'investisseurs de court terme, prêts à apporter leurs titres. A Zurich, l'action Converium progresse vendredi matin de 0,45%. De son côté, à la Bourse de Paris, le titre Scor s'adjuge 0,55%. Le réassureur français capitalise 2,6 milliards d'euros.
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