Le terme "cru bourgeois" du Médoc interdit

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La DGCCRF vient de signifier cette interdiction. Elle fait suite à un jugement annulant le classement 2003 des vins de Bordeaux.

Que vont devenir les producteurs de vin du Médoc qui pouvaient parer leurs flacons de l'appellation "cru bourgeois" afin de vanter leurs nectars aux consommateurs afin de résister à la concurrence ? La question leur est désormais posée depuis que l'utilisation de ce terme est interdite d'utilisation par la Direction générale de la Concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Cette affaire, révélée par le quotidien Sud-ouest, est confirmée par l'Administration de la concurrence. Celle-ci l'a signifiée aux viticulteurs bordelais dans une lettre du 22 juin. Les "crus bourgeois" représentent la moitié de la production du Médoc.

L'association des "crus bourgeois" attend une "position plus claire" de l'administration quant à la date effective de l'interdiction totale de la mention, indique Thierry Gardinier, son président. "La logique" et le "bon sens" voudraient, selon lui, que l'interdiction s'applique à compter du millésime 2007, car pour les années précédentes, "des étiquettes sont déjà imprimées". Il ajoute : "il n'est pas exclu que la mention "cru bourgeois" ne puisse être utilisée pendant plusieurs millésimes",

Toute l'affaire débute en juin 2003. Cette année, les spécialistes s'attaquent à un nouveau classement des vins de Bordeaux. Le dernier, et aussi le premier, a été établi en 1932. Il classait 444 châteaux en crus bourgeois, crus bourgeois supérieurs et crus bourgeois supérieurs exceptionnels. Aucune homologation ministérielle n'avait alors validé ce classement. Celui de juin 2003, après 18 mois de travail, conserve à 247 des 480 châteaux candidats le droit de mentionner "crus bourgeois" sur leurs étiquettes, 9 d'entre eux étant déclarés "exceptionnels" et 87 "supérieurs". Un arrêté ministériel donne enfin une validation officielle à ce classement.

Las, les 76 propriétaires exclus de ce classement portent plainte. Ils estiment que la sélection est partiale. Certains propriétaires du Médoc siégeaient en effet parmi les jurés. En février 2007, la Cour administrative d'appel de Bordeaux, confirmant un jugement du Tribunal administratif, leur donne raison et annule la version 2003 du classement.

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