L'OCDE table sur une amélioration de la croissance dans la zone euro

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L'horizon économique mondial continue de s'éclaircir, selon l'OCDE, qui a amélioré ses prévisions de croissance pour 2007 pour l'ensemble de ses pays membres, grâce au dynamisme enregistré en zone euro et en Asie, même si les projections aux Etats-Unis ont été abaissées. En France, la croissance du PIB devrait s'établir à 2,2% en 2007 et 2008, soit moins que la moyenne de la zone euro (2,7%).

Dans son rapport de conjoncture semestriel rendu public ce jeudi, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) table sur une hausse de 2,7% du produit intérieur brut (PIB) en 2007 pour la zone OCDE, qui comprend les trente principaux pays développés de la planète, contre 2,5% lors de la précédente estimation datant de fin novembre, et 2,8% en 2006. L'OCDE note qu'il faut "remonter des années en arrière pour retrouver une situation économique aussi favorable" au niveau mondial. A l'inverse, elle ne table plus que sur une croissance de 2,1% aux Etats-Unis cette année, contre 2,4% dans ses prévisions de novembre et 3,3% en 2006.

L'organisation est de plus en plus optimiste pour la zone euro qui devrait enregistrer en 2007 une croissance de 2,7%, une perspective "très encourageante" mais qui pourrait s'accompagner de tensions inflationnistes justifiant une poursuite de la hausse des taux. La croissance européenne devrait ainsi très largement excéder celle des Etats-Unis, mais prévoit néanmoins un retour à la hiérarchie traditionnelle entre les deux zones en 2008, avec une croissance de 2,3% en zone euro contre 2,5% aux Etats-Unis.

En France, la croissance du PIB devrait quant à lui s'établir à 2,2% en 2007 et 2008, soit moins que la moyenne de la zone euro, estime l'OCDE. Elle maintient donc inchangée sa prévision de croissance pour 2007 par rapport à ses prévisions d'automne, publiées fin novembre, alors que le Premier ministre français, François Fillon a, lui, récemment évoqué une croissance située "entre 2,25% et 2,5%" pour l'économie.

Cette croissance pourrait toutefois être "légèrement supérieure" à son potentiel au premier semestre 2007, estime l'OCDE car il pourrait y avoir une accélération à court terme à mesure que la production d'énergie reviendra aux normes saisonnières après un hiver clément". Mais "une relative incertitude entoure les résultats futurs du secteur extérieur", avertit l'organisation pour qui "la croissance pourrait être inférieure à 2% si les performances à l'exportation continuent de se dégrader".

Dans ce contexte, "l'emploi devrait encore régulièrement progresser et le chômage pourrait poursuivre sa baisse", estime l'OCDE. Evaluant le taux de chômage à 9% en 2006, l'OCDE le voit descendre à 8,4% en 2007 puis 8% en 2008. Sur l'ensemble de 2006, le PIB a augmenté de 2,2%, "avec une progression particulièrement marquée dans la construction, les transports et le commerce" mais la production manufacturière "a manqué de tonicité, essentiellement à cause d'un net recul dans l'automobile", note l'organisation.

L'OCDE a également appelé la France à poursuivre ses efforts en vue de réduire sa dette publique. Et ce au moment où le nouveau gouvernement veut au contraire lâcher du lest sur les déficits afin de relancer la croissance via essentiellement une baisse des impôts. "Pour faire face aux sollicitations croissantes liées au vieillissement démographique, il faut poursuivre la réduction de la dette publique en proportion du PIB", estime l'organisation.

Elle note par ailleurs que le déficit budgétaire français "a diminué plus que prévu en 2006 et se contractera encore probablement", à 2,3% en 2007 puis 1,7% du PIB en 2008. Elle souligne le "net durcissement de l'orientation budgétaire" avec, selon ses chiffres qui diffèrent légèrement de ceux de l'Insee, un déficit public ramené de 3% du PIB en 2005 à 2,6% en 2006 et un ratio dette/PIB "revenu à 64,5% fin 2006". De son côté, l'Insee évalue le déficit public à 2,5% du PIB en 2006 et la dette à 63,7% du PIB. Pour les années à venir, le déficit et le ratio dette/PIB "devraient encore diminuer", même si l'objectif du gouvernement sortant de limiter à 0,5% en volume la hausse des dépenses publiques ces cinq prochaines années "paraît difficile à atteindre".

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