François Bayrou réaffirme sa différence face à Nicolas Sarkozy

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Lors de la présentation de son programme, le candidat UDF a affirmé son désaccord avec Nicolas Sarkozy sur l'euro, le calendrier de réduction du déficit et la TVA sociale.

Au contraire de ses deux grands rivaux Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, le candidat UDF loue le travail de la Banque centrale européenne (BCE). Lors d'une conférence de presse sur la présentation de son programme ce mardi, François Bayrou a vivement critiqué les propos du candidat UMP sur la problématique de l'euro fort, accusé selon lui de pénaliser les exportations. Selon François Bayrou, c'est surtout le faible niveau d'intérêt qui importe, en stimulant l'investissement et les dépenses.

Après sept hausses des taux d'intérêt depuis 2005, la Banque centrale européenne (BCE) a porté son taux à 3,75%, ce qui reste en deçà des taux directeurs en vigueur aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Par ailleurs, contrairement à Nicolas Sarkozy, François Bayrou souhaite s'attaquer aux déficits séance tenante. Le candidat de l'UMP a fixé pour objectif de réduire la dette de la France à 60% du PIB à l'horizon 2012, contre 64,6% fin 2006, mais se dit prêt à une pause dans la réduction du déficit public. "Ce qui compte, c'est le résultat à la fin du quinquennat. s'il y a une stabilisation au passage, quelle importance", a affirmé lundi matin Nicolas Sarkozy lors de la présentation de son programme. François Bayrou, lui, promet de consacrer "la moitié des recettes budgétaires nouvelles à la suppression en trois ans du déficit de fonctionnement".

Le candidat UDF souhaite d'ailleurs inscrire dans la constitution l'interdiction de présenter un budget en déficit de fonctionnement, sauf en période de récession. "Pour montrer l'exemple, François Bayrou s'engage à réduire de 20% le budget de l'Elysée", indique le livret de programme de François Bayrou, intitulé " La France de toutes nos forces".

Enfin, il s'est montré sceptique sur l'idée de Nicolas Sarkozy d'expérimenter sa proposition de TVA sociale "dans un ou deux secteurs" avant de la généraliser. La proposition de TVA sociale a également été vivement critiquée ce mardi matin (lire ci-contre) par Ségolène Royal.

Le candidat UDF a rappelé aujourd'hui les principaux points de son programme de "social-économie". Au menu figurent la possibilité pour chaque entreprise de créer deux emplois en CDI sans charges sociales (sauf 10% pour les retraites) pendant cinq ans, le paiement des heures supplémentaires 35% de plus que les heures normales, la garantie de 20% des marchés publics aux PME, l'augmentation de 5% par an pendant dix ans du budget de la recherche et le doublement en dix ans du budget de la Justice.

Sur les autres volets de son action, François Bayrou souhaite nommer un numéro deux du gouvernement en charge du développement durable. Son objectif en la matière: réduire de 15% les gaz à effet de serre d'ici cinq ans. Il souhaite par ailleurs créer 20.000 logements "hyper-sociaux" par an et prévoir, dans chaque programme immobilier, 25% des grandes surfaces en logements sociaux. Autre sujet en vogue, la parité, qu'il souhaite respecter dans les nominations dépendant du pouvoir exécutif (ministres, hauts fonctionnaires...).

Le candidat n'oublie pas non plus les agriculteurs: il souhaite défendre les intérêts de la France au moment du bilan de la PAC en 2008 et préparer l'après 2013. Autre grand sujet débattu pendant cette campagne, les retraites, dont il souhaite augmenter le minimum à hauteur de 90% du Smic en cinq ans.

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