Eiffage : la Caisse des Dépôts soutient la direction, Sacyr cherche à séduire les salariés

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Dans une pleine page dans la presse française, le groupe espagnol qui détient 33,2% du capital d'Eiffage cherche à séduire deux des plus importants actionnaires du groupe qu'il convoite. La CDC qui détient 9,1% d'Eiffage de son côté "soutient la direction générale" d'Eiffage et demande à ce que le groupe espagnol Sacyr manifeste "clairement" ses intentions.

La pression monte a la veille d'une importante assemblée générale d'Eiffage, qui se tiendra à partir de 11 heures au Théatre Marigny à Paris. Alors que Sacyr poursuit son opération séduction, la Caisse des Dépôts et consignations est sortie de son silence. A la veille d'une assemblée générale (convoquée le 18 avril) qui s'annonce particulièrement intense pour les actionnaires, le groupe espagnol qui détient 33,2% du capital du groupe français, au seuil légal du déclenchement obligatoire d'une OPA, s'affiche dans la presse française via une pleine page. Et d'expliquer que sa politique en tant qu'actionnaire est d'appuyer "la stratégie de cette entreprise française dans laquelle il a investi plus de 1,8 milliard d'euros.

Dans un autre point (qui en compte 7 dans le communiqué), le groupe réitère sa demande d'être représenté au conseil d'administration d'une manière qui soit cohérente avec sa participation au capital, à savoir cinq administrateurs sur un total de quinze prévu par les statuts.

Et de demander ainsi aux salariés, aux cadres et à la Caisse des Dépôts et consignations (CDC), un soutien "à nos propositions lors de l'assemblée afin de collaborer ensemble au développement du groupe". Sacyr précise encore qu'il ne demande aucune cession d'actifs ni de branche d'activité.

Quelle va être la position des uns et des autres? Les salariés et cadres dirigeants disposent de 29,8% des droits de vote, la Caisse des Dépôts de 9,1% des droits de vote (8,5% du capital). Les salariés d'Eiffage ont obtenu en fin de semaine gain de cause et pourront céder leur titre s'ils le souhaitent. L'Autorité des marchés financiers a en effet levé l'interdiction faite aux salariés de ne pas vendre leurs titres comme l'avait demandé aupravant le conseil d'administration d'Eiffage.Toutefois, la cession de leur titre ne pourra intervenir qu'à partir du 20 avril soit deux jours après la tenue de l'assemblée d'Eiffage. Or le titre pourrait avoir perdu de son attrait spéculatif.

Quant à la CDC, elle pourrait bien être le véritable arbitre dans ce dossier. Le journal Le Figaro indique ce matin que l'institution publique pourrait s'abstenir lors du vote des résolutions déposées par Sacyr. Elle aurait ces derniers jours évoqué la possibilité que le groupe espagnol fasse son entrée au conseil avec trois sièges. Mais la CDC est fortement lié à Eiffage, ce dernier lui ayant concédé 49% de la concession du Viaduc de Millau. D'ailleurs pour la première fois depuis le début de l'affaire, l'institution publique a affirmé dans un communiqué qu'elle "soutient la direction générale" du groupe de BTP et demande à ce que le groupe espagnol Sacyr manifeste "clairement" ses intentions.

Par ailleurs, le groupe immobilier espagnol Rayet, qui dispose de 4,2% du groupe de BTP Eiffage, rencontre des problèmes pour 80% de ses droits de vote qu'il compte exercer lors de l'assemblée générale du français de mercredi, déclare-t-il ce mardi. "Soit les certificats ne nous ont pas été délivrés, soit ils ont des défauts de forme, ou ne représentent pas le nombre correct d'actions", a précisé le groupe à l'Agence France Presse (AFP). "La seule chose que le groupe Rayet veut, c'est exercer ses droits de vote correspondants à des actions achetées en temps et en heure, et en respectant les formes", a déclaré cette porte-parole, qui a précisé que le groupe se réservait l'usage d'actions légales pour faire respecter ses droits. Le quotidien espagnol El Economista de ce jour affirme que certains actionnaires du groupe étudient la possibilité de bloquer l'assemblée générale pour en faire convoquer une autre dans un délai de six mois.

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