L'initiative de Bush sur le climat ne convainc pas

Washington envisage de stopper la croissance des rejets américains de CO2 en 2025 sans préciser comment. Les partisans de mesures ambitieuses contre le réchauffement se disent déçus et s'inquiètent de la confusion créée par l'initiative.

Annoncée mercredi à l'occasion de la rencontre des plus gros pays émetteurs, à Paris, l'initiative du président Bush contre le réchauffement climatique suscite le plus grand scepticisme. Pourtant arc-bouté contre le Protocole de Kyoto et sa logique contraignante de réduction des émissions de gaz à effet de serre (Ges), le locataire de la Maison-Blanche souhaite que les Etats-Unis parviennent à stopper la croissance de leurs rejets de CO2 d'ici à 2025.

Dévoilé lors du plus long discours qu'il ait prononcé sur le sujet depuis 2002, cet objectif n'a pas été accompagné de l'annonce d'un train de mesures appropriées par le chef de l'exécutif dont le mandat s'achève dans neuf mois. Pour atteindre son but, la Maison-Blanche compte donc sur les lois existantes et les technologies actuelles ou futures comme le charbon propre ou le nucléaire.

Cette annonce doit être interprétée comme la volonté de "M. Bush de ne rien faire jusqu'à son départ le 20 janvier 2009", a réagi le démocrate Edward Markey (Massachusetts), président de la Chambre des représentants sur le réchauffement climatique. Plus délicat encore, l'annonce de Bush intervient au moment où le Congrès se penche sur une proposition de loi sur le plafonnement des émissions et les échanges de permis d'émissions émanant des sénateurs John Warner (républicain) et Joe Lieberman (indépendant). Ce texte, qui devrait être débattu en juin au Sénat, prévoit une réduction immédiate des émissions de Ges pour parvenir à une baisse proche de 20% d'ici à 2020 afin de les ramener à un niveau voisin de celui de 1990, un objectif très proche de celui fixé par l'Union européenne qui adhère au Protocole de Kyoto.

L'attitude du président Bush "va évidemment compliquer davantage les efforts du Congrès pour produire une loi pouvant être signée par ce président", a confié Edward Makey à l'AFP. "Attendre jusqu'en 2025 pour geler la progression de ces émissions aux Etats-Unis pourrait être catastrophique pour la planète", ajoute le démocrate.

Plus critique encore, Eileen Clausen, président du Pew Center on global climat change, un institut indépendant et biparti de recherche, a estimé que la position de la Maison-Blanche était en retrait par rapport à son précédent objectif de réduire l'intensité énergétique de l'économie américaine de 18% d'ici à 2012.

Hors des Etats-Unis, le scepticisme est de rigueur également. L'Afrique du sud, présente à la réunion MEM, a qualifié la proposition de Bush de "particulièrement décevante". "Sur cette question, l'actuelle administration américaine est isolée", a déclaré le ministre sud-africain de l'Environnement et du Tourisme Marthinus van Schalkwyk, dans un communiqué publié à Paris.

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