Cinquième jour de grève chez Dacia en Roumanie

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Les salariés réclament une augmentation de leurs salaires de 50%. La direction considère toujours la grève "illégale". Le tribunal doit rendre sa décision le 2 avril.

La situation est bloquée à l'usine Dacia de Pitesti en Roumanie, filiale du groupe Renault qui produit sa fameuse Logan à bas prix. Les salariés du premier constructeur automobile du pays ont entamé ce vendredi leur cinquième jour de grève, bien déterminés à faire aboutir leur revendication. Ils réclament une augmentation de salaire de l'ordre de 150 euros par mois, soit 50% de leur salaire actuel. Dans cette usine rachetée par Renault en 1999, le salaire brut moyen est inférieur à 300 euros par mois.

La direction considère cette revendication "pas tenable, pas réaliste" et a saisi lundi le tribunal sur la légalité de la grève. La direction de Dacia, qui fabrique la Logan, juge la grève "illégale" au motif quelle serait suivie par moins de la moitié des salariés. Le directeur juridique Mihai Acsinte a affirmé vendredi que 3.500 employés avaient déclaré jeudi suivre l'appel à la grève, soit moins de 50% des 7.600 grévistes dont fait été le syndicat.

"Selon la loi, si la moitié de ceux s'étant déclarés en faveur d'une grève renoncent à ce mouvement, la grève doit être arrêtée. Cela signifie que la poursuite de la grève est illégale", estime-t-il. La direction accuse également le syndicat d'avoir déclenché la grève "avant de parcourir toutes les étapes des négociations". Le tribunal a reporté d'une semaine sa décision, qu'il doit rendre le 2 avril.

Des négociations ont eu lieu vendredi, mais n'ont permis aucune avancée. Une nouvelle rencontre entre le patronat et les syndicats est prévue lundi. Pour l'heure la direction propose "une augmentation globale cumulée de 21%".

"Nous ne cèderont pas", ont assuré les leaders syndicaux lors d'ue manifestation jeudi. "Nous appelons à des négociations équitables, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", a déclaré à l'AFP, l'Agence France Presse, Ion Anghel, l'un des dirigeants du syndicat de Dacia. Ils ont reçu le soutien des syndicats français CGT et FO.

Les salariés en grève justifient leur revendication salariale par l'augmentation des prix des produits de base, de l'ordre de 30% depuis le début de l'année, selon les syndicats. En outre, ils mettent en avant les bonnes performances de l'entreprise, dont les ventes ont bondi de 62% au cours des deux premiers mois de l'année.

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