Pour les grands argentiers, l'économie et les marchés financiers sont encore très instables

Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine, et Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, se montrent très prudents sur l'évolution des marchés financiers et soulignent le risque inflationniste.

Les marchés financiers sont "encore loin de leur état normal", a jugé ce mardi le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, reconnaissant toutefois "des signes bienvenus" d'amélioration, dans un discours retransmis par satellite, depuis la conférence sur les marchés financiers de la Fed d'Atlanta à Sea Island (Georgie, sud-est des Etats-Unis).

Ce diagnostic intervient après que plusieurs experts, et certains ténors de l'administration américaine, ont estimé ces dernières semaines que la crise qui secoue les marchés financiers depuis août 2007 arrive à son terme. Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a lui-même assuré mardi dernier que le pire "devrait être derrière nous".

Ben Bernanke a souligné, au contraire, que "plusieurs marchés issus de titrisation demeurent moribonds, que les marges de risques, même si elles ont quitté leur récents sommets, demeurent assez élevées, et que les pressions en terme de financement sur les marchés de court terme persistent". "En dernier lieu, ce sont les acteurs de marchés qui doivent régler les sources fondamentales de tensions financières," a-t-il jugé, incitant les banques à se désendetter, lever des capitaux frais et améliorer leur gestion du risque.

La Fed ne contribuera qu'indirectement à ce processus en fournissant des liquidités, a-t-il souligné. Au final, "ce processus va prendre un certain temps", a-t-il conclu.

De son côté, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, intervenant lors d'une conférence organisée à Paris par Barclays Capital, estime que la hausse des prix des matières premières et des politiques monétaires permissives constituent un "mix explosif" dans un environnement mondial devenu très inflationniste. Pour lui, les banques centrales ont bien réagi depuis dix mois à la crise financière mais la conjonction de pressions inflationnistes et d'une instabilité financière résiduelle restera "très difficile pour les autorités financières et monétaires".

Autre invitée de la conférence, Sandra Pianalto, présidente de la Banque de réserve fédérale de Cleveland, a estimé que l'inflation constituait un "risque majeur" aux Etats-Unis. "Les instruments de mesure de l'inflation de base outre-Atlantique augmentent plus rapidement que je ne le souhaiterais, et l'inflation constitue un risque majeur pour mes prévisions", a-t-elle déclaré.

Pour Christian Noyer, la montée des pressions inflationnistes dans le monde est un "développement inquiétant", considérant que dans beaucoup de pays "les politiques monétaires restent quelque peu permissives". Enfin, interrogé sur les divergences de politique monétaire entre la Fed et la BCE, Christian Noyer les a expliquées par des "différences évidentes" et "objectives" entre la situation économique des Etats-Unis et celle de la zone euro.

Il a cité notamment l'évolution des prix de l'immobilier et plus largement de la conjoncture, avec un ralentissement économique plus prononcé aux Etats-Unis qu'en Europe. La BCE maintient son taux directeur à 4% depuis juin 2007 alors que la Fed a réduit le sien de 325 points de base depuis septembre, à 2% actuellement, pour contrer les menaces de récession.

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