Réforme des retraites : le gouvernement tente d'éviter la constitution d'un front syndical

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Le ministre du Travail a reçu ce jeudi patronat et syndicats en réunion bilatérale pour connaître leur position sur la prochaine réforme des retraites. Pour l'heure, tous les syndicats refusent le passage à 41 ans de cotisation à partir de 2009.

Le gouvernement souhaite boucler sa réforme des retraites dans les trois mois. Le minstre du Travail Xavier Bertrand, qui a reçu jeudi l'ensemble des partenaires sociaux en réunion bilatérale pour recueillir leurs avis et propositions sur le sujet, a évoqué un texte législatif pour l'été. Une nouvelle série de rencontres aura lieu d'ici quinze jours, et la première mouture du projet de la réforme sera alors rendue publique. Mais le gouvernement ne cache pas sa volonté d'allonger à nouveau la durée de cotisation, à 41 ans cette fois, et cela à partir de 2009 à raison d'un trimestre par an d'ici 2012.

Sauf que les syndicats sont aujourd'hui hostiles à une telle disposition, y compris la CFDT, seul syndicat avec la CGC à avoir soutenu la réforme des retraites de 2003. Dès lors, le gouvernement va devoir manoeuvrer habilement et surtout trouver des compensations s'ils souhaitent maintenir à 41 ans l'allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein sans se mettre à dos l'ensemble des syndicats.

Si FO et la CFDT ne se joignent pas à l'appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires à manifester samedi pour réclamer de "réelles négociations" sur les retraites - la réforme des retraites de 2003 a laissé des traces chez les syndicats -, les deux centrales n'excluent pas de recourir à la mobilisation si le gouvernement persiste dans cette voie.

Les syndicats demandent au gouvernement d'explorer d'autres pistes que l'allongement de la durée de cotisation pour financer les retraites à l'avenir. Ainsi, CGT et FO suggèrent une hausse des cotisations vieillesse et une taxation de nouveaux revenus, comme les bénéfices non réinvestis. La CFDT demande de son côté un doublement de la taxation sur les revenus du capital qui finance le Fonds de réserve des retraites.

Par ailleurs, les syndicats demandent au gouvernement qu'il revienne sur le mode de calcul actuel des retraites, modifié en 1993 et 2003 et qui a eu pour conséquence l'érosion du niveau des pensions. Les retraites sont aujourd'hui indexées sur les prix et non plus les salaires, et ce sont les 25 meilleures années de travail au lieu de dix avant 1993 qui sont prises en compte pour calculer le montant de la retraite. La CGT et CFDT réclament un taux de remplacement du revenu d'activité "garanti", tandis que la CGC souhaite que soit fixé un "objectif" de taux de remplacement.

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