"On ne peut parler de pénurie de cadres informaticiens", affirme le DRH de Capgemini

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Alors que le Syntec informatique présente aujourd'hui le bilan de sa politique sociale, Alain Donzeaud, DRH groupe de Capgemini, et aussi président de la commission sociale du Syntec informatique, va à l'encontre du discours ambiant des SSII se plaignant de l'impossibilité de recruter les compétences dont elles ont besoin. Par ailleurs, il s'oppose au contrat de mission prévu par l'accord patronat-syndicat sur la modernisation du marché du travail.

Les SSII se plaignent systématiquement de la pénurie de cadres. En tant que DRH de Capgemini, ressentez-vous cette pénurie ?

De façon globale, non. Nous sommes parvenus à recruter en 2007 en France, 4.500 nouveaux cadres, ce qui est un volume dans la lignée des années précédentes. Aussi, je pense que l'on ne peut parler de pénurie, que pour quelques métiers très spécifiques comme les architectes, les chefs de projets ou les spécialistes ERP. En revanche, il est vrai que nous ressentons des difficultés à recruter. Les jeunes diplômés ne se dirigent pas volontiers vers les métiers de services comme les nôtres. Et, parmi eux, les jeunes ingénieurs optent aujourd'hui volontiers pour les métiers de la finance.

Ces jeunes ne sont-ils pas non plus rebutés par la possibilité d'être recrutés en contrat de mission, pour une durée ponctuelle, depuis que cette option a été ouverte par l'accord sur la modernisation du contrat de travail signé par le patronat et quatre organisations syndicales, qui devrait passer rapidement dans la loi ?

Une telle mesure pouvait être utile en 2003, lorsque le niveau des affaires était très bas. Elle aurait pu permettre de faciliter des reprises plus rapides. Mais aujourd'hui, alors que la croissance est soutenue, cette mesure n'apparaît pas, pour notre secteur en général et Capgemini en particulier, comme un facteur d'attractivité et son application rendrait les recrutements difficiles. Je vous rappelle que notre secteur regroupe 350.000 salariés dont 98% sont en CDI. Imaginez que nous proposions aux jeunes diplomés des CDD de projet.

Plus globalement, que pensez-vous de cet accord et plus globalement des mesures prises par le gouvernement récemment ?

Cet accord a le mérite de bien traiter un certain nombre de sujets, même si dans certains autres on souhaiterait voir le monde du service à valeur ajoutée mieux pris en considération. Certaines mesures gouvernementales récentes nous posent des problèmes d'application. Ainsi, nous rencontrons des difficultés pour appliquer les mesures de défiscalisation et "désocialisation" des heures supplémentaires à une partie importante de nos salariés. Nous tentons de faire préciser les modalités qui nous concernent.

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