Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se sont mariés à l'Elysée

Le président de la République et la chanteuse ont officialisé leur relation samedi matin dans le palais de l'Elysée. La cérémonie a été célébrée par le maire du 8ème arrondissement de Paris auprès d'une vingtaine de personnes, amis et parents des deux jeunes mariés.

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Ainsi Carla Bruni est devenue officiellement la nouvelle première dame de France. L'ex-mannequin et chanteuse et Nicolas Sarkozy se sont mariés samedi matin à l'Elysée. "Madame Carla Bruni Tedeschi et monsieur Nicolas Sarkozy annoncent qu'ils se sont mariés ce matin en présence de leurs familles dans la plus stricte intimité", a annoncé très solennement l'Elysée dans un communiqué d'une phrase.

C'est François Lebel, maire du 8ème arrondissement où se trouve le palais présidentiel, qui a célébré le mariage à 11 h dans un bureau du premier étage de l'Elysée, voisin de celui du chef de l'Etat. "J'ai présidé au mariage d'un habitant et d'un électeur du 8ème arrondissement puisque depuis décembre le président de la République est un électeur du 8ème arrondissement", a déclaré le maire. "C'était très simple et républicain. Cela a duré vingt minutes, c'est-à-dire le temps que je consacre d'habitude aux mariages dans le 8ème arrondissement pour n'importe quel citoyen", a-t-il ajouté.

Une vingtaine de personnes, "parents très proches et amis", ont assisté à la cérémonie. Nicolas Sarkozy avait pour témoins Nicolas Bazire, ancien collaborateur d'Edouard Balladur, haut responsable du groupe LVMH et proche du chef de l'Etat, et Mathilde Agostinelli, responsable de la communication de Prada France. De son côté, Carla Bruni avait choisi pour témoins l'actrice Marine Delterne et Farida Khalfa, une amie.

Selon le maire, "la mariée était en robe normale blanche et le président en costume cravate sombre tout à fait classique". "Lorsqu'on se marie en général on échange des alliances et on s'embrasse et on se fait applaudir par les personnes présentes. Cela a été le cas", a-t-il précisé en ajoutant que du champagne avait été servi. "Les époux étaient émus, concentrés et tout à fait sérieux dans leurs engagements", a-t-il souligné.

"C'était un mariage totalement habituel à l'exception du lieu et des mariés", a ironisé le maire, qui a par ailleurs précisé qu'un contrat de mariage avait été établi.

Autre exception à un mariage traditionnel, les bans n'ont pas été publiés car le président avait obtenu une dispense du procureur de la République de Paris, "ce qui a été consigné dans l'acte de mariage". La formule habituelle "dans la maison commune" a également été remplacée par "dans le palais de l'Elysée selon une décision du procureur de la République".

Premier président français à divorcer durant son mandat, Nicolas Sarkozy est, après Gaston Doumergue en 1931, le deuxième chef de l'Etat en exercice à contracter mariage. Agé de 53 ans, le président, qui a divorcé en octobre de sa seconde femme, Cécilia, a officialisé en décembre sa relation avec Carla Bruni, née en Italie en 1967 et arrivée en France en 1973. Tous deux s'étaient rencontrés en novembre lors d'un dîner chez le publicitaire Jacques Séguéla. Carla Bruni a un fils d'une précédente relation tandis que Nicolas Sarkozy a deux grands garçons de son premier mariage, et en a eu un autre de son deuxième mariage.

Après l'annonce du mariage, les félicitations ont été d'usage. L'ex-première dame de France Bernadette Chirac s'est ainsi réjouie de l'événement. "Un mariage à l'Elysee, c'est formidable", a-t-elle dit avant d'adresser ses "voeux de bonheur les plus chaleureux" au nouveau ménage et de juger la mariée "très très belle."

De son côté, Patrick Balkany, député des Hauts-de-Seine et ami du président, a devancé les éventuelles critiques en affirmant que Nicolas Sarkozy n'avait pas souhaité se marier en mairie afin que les médias ne lui reprochent pas de mettre encore sa vie privée en avant. "Il en avait envie (de se marier), et en plus cela clarifie les choses", a-t-il dit. "Ils sont très heureux et très amoureux, ils ont considéré que le meilleur moyen d'être heureux et d'être tranquilles, c'est de se marier".

Dimanche, le secrétaire générale de l'Elysée et proche de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, a lui aussi estimé que les Français auront sans doute à l'égard du nouveau couple présidentiel une attitude différente de celle qu'ils manifestaient envers Nicolas Sarkozy et Carla Bruni avant leur mariage. "La situation se trouve clarifiée", a-t-il expliqué. "Les choses vont devenir beaucoup plus naturelles", a-t-il avancé, soulignant "c'est une décision personnelle entre deux personnes qui s'aiment et ont envie de poursuivre la vie ensemble".

L'annonce du mariage n'a toutefois pas empêché un dernier sondage de révéler une nouvelle chute de popularité pour Nicolas Sarkozy. Selon un sondage LH2-Libération paru ce lundi, et réalisé avant et après l'annonce du mariage, la cote de confiance du chef de l'Etat chute ainsi de treize points avec, pour la première fois, une majorité de 55% d'opinions négatives, contre 41% d'opinion positive. Depuis plusieurs semaines, les sondages font apparaître une baisse importante de la cote de confiance de Nicolas Sarkozy. Début janvier, celle-ci était ainsi positive pour 54% des Français, contre 67% en juillet 2007.

Interrogé sur la baisse de Nicolas Sarkozy dans les sondages d'opinion, Claude Guéant a avancé une explication d'ordre psychologique. "Les Français sont en quelque sorte les propriétaires du président de la république", a-t-il dit. "Ils attendent beaucoup de lui et ils ont été un peu déçus que les problèmes privés (...) aient donné l'impression qu'il leur enlevait un peu du temps qu'il doit à leur sens leur consacrer, et qui est un plein temps".

Les Français tiendraient apparemment rigueur au président d'avoir trop affiché sa vie privée au détriment de l'amélioration promise du pouvoir d'achat. Une critique reprise avec quelque surprise par le président du Conseil constitutionnel et ami de Jacques Chirac, Jean-Louis Debré. Ce dernier a rappelé dimanche, au lendemain du mariage de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, que la fonction présidentielle exigeait à ses yeux "une certaine retenue".

"Je crois qu'il faut faire attention (...) à ne pas désacraliser les fonctions officielles, quelles qu'elles soient", a-t-il déclaré. "Je pense qu'il y a une certaine attitude à avoir quand on représente tous les Français et quand on incarne la France", a ajouté Jean-Louis Debré, qui a souhaité "à tous ceux qui se sont mariés hier, aussi bien à l'Elysée qu'ailleurs, tous mes voeux de bonheur".

Même son de cloche pour la patron du Modem, François Bayrou, qui a déclaré dimanche détester "l'étalage et l'utilisation de la vie privée", a-t-il dit. "Cela a une fonction absolument précise: détourner l'attention des citoyens de l'essentiel pour la porter sur l'accessoire". L'ancien candidat centriste à la présidentielle s'est contenté d'exprimer "tous les voeux possibles pour tout le monde sur la terre".

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