Avec ce projet d'une usine de panneaux solaires, le Ghana amorce une trajectoire de croissance verte et résiliente.
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La KfW allemande avance sur le financement d’une usine de panneaux solaires de 75 MW au Ghana, un projet stratégique pour l’industrialisation verte, la substitution aux importations et la création d’un hub solaire en Afrique de l’Ouest.
La Banque allemande de développement KfW progresse dans son appui à la construction d’une usine de fabrication de panneaux solaires photovoltaïques à Baworo-Kumasi, au Ghana. Avec une capacité projetée de 75 MW en ligne semi-automatisée, ce projet, réalisé au nom du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), constitue une étape majeure pour l’industrialisation verte du pays. La future usine intégrera des systèmes robotisés et des équipements avancés afin d’optimiser la productivité, la qualité et la vitesse d’assemblage, tout en formant un personnel local hautement qualifié.
L’initiative s’inscrit dans une stratégie de coopération germano-ghanéenne visant à soutenir la création d’emplois, la montée en compétences et la réduction des émissions de carbone. Le projet couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, du traitement des cellules solaires aux tests de performance, en passant par le laminage et les logiciels de suivi.
Réduire la dépendance
Des infrastructures complémentaires, incluant des réseaux électriques, des systèmes HVAC et des installations de contrôle qualité, seront mises en place pour répondre aux standards internationaux. L’objectif est de réduire la dépendance du Ghana aux importations chinoises et de stimuler une économie circulaire autour des technologies renouvelables.
Ce financement reflète également l’ambition croissante de l’Allemagne d’accompagner la transition énergétique en Afrique subsaharienne, en soutenant des projets capables de générer plusieurs centaines d’emplois qualifiés et de renforcer des chaînes d’approvisionnement locales. À terme, l’usine pourrait positionner le Ghana comme un pôle régional d’exportation de modules solaires vers les pays de la CEDEAO.
Le projet allemand s’harmonise efficacement avec les initiatives financées par des institutions multilatérales telles que la Banque africaine de développement (BAD), dont le programme « Ghana Mini Grid and Solar PV Net Metering Project » vise à installer 67,8 MW de capacité solaire d’ici 2027. Cette synergie renforce l’intégration verticale du secteur en fournissant des composants locaux à des projets d’électrification rurale et d’accès à l’énergie moderne, bénéficiant à plus de 84 000 personnes. L’implication conjointe du SCF, de la SECO suisse ou encore d’organismes climatiques internationaux souligne une convergence d’intérêts visant à faire du Ghana un laboratoire régional de la croissance bas-carbone.
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Dynamique régionale
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où le Ghana devient l’un des marchés solaires les plus actifs d’Afrique de l’Ouest, soutenu par une accélération des investissements. Avec un CAGR supérieur à 20 % selon Mordor Intelligence, le pays se distingue désormais aux côtés du Burkina Faso et du Nigeria, qui renforcent eux aussi leurs capacités. Dans la région, la montée en puissance des mini-réseaux au Burkina Faso, les réformes tarifaires nigérianes et l’essor du solaire industriel en Côte d’Ivoire illustrent une transition énergétique de plus en plus compétitive, ce qui fait du Ghana un candidat naturel pour devenir le fournisseur de modules de la sous-région.
Le marché national bénéficie également de projets à grande échelle, notamment le parc solaire de 200 MW, lancé en novembre 2025, destiné à atteindre 1 GW d’ici 2032. Les acteurs internationaux comme Trina Solar, JinkoSolar ou SunPower Innovations côtoient une industrie locale dynamique, qui comprend Translight Solar, Redavia ou PEG Africa.
L’essor des importations de panneaux solaires, signalé par Ember, témoigne d’un marché en plein décollage, tandis que les besoins énergétiques, estimés à 25 836 GWh pour 2025, renforcent la nécessité d’une production locale compétitive.
L’environnement réglementaire, structuré par la Renewable Energy Act de 2011 et ses amendements, offrent un cadre relativement favorable, avec des normes renforcées et des incitations fiscales pour les équipements solaires. Toutefois, des défis persistent, qu’il s’agisse de la perception des risques dans le secteur énergétique, de l’état du réseau national, des coûts d’extension en zones rurales ou de la dépendance aux technologies importées.
Les fluctuations des devises et les lenteurs administratives demeurent également des obstacles pour les projets renouvelables, malgré les progrès observés ces dernières années.
En définitive, le financement de la KfW constitue un catalyseur structurant pour l’économie solaire ghanéenne. En renforçant la capacité industrielle, en soutenant les projets multilatéraux et en s’inscrivant dans une dynamique régionale ascendante, ce projet pourrait accélérer la transition énergétique du pays et instaurer durablement le Ghana dans une trajectoire de croissance verte et résiliente.