Le gouvernement du Sénégal s’est donné pour ambition de porter la contribution du numérique à 15% du PIB d’ici 2034. Pour y parvenir, il compte utiliser plusieurs leviers, dont l’externalisation des services, l'appui à l’entrepreneuriat tech local, la formation, et la coopération. La mise en place d'écosystèmes spécialisés est aussi au programme.
Le gouvernement sénégalais a relancé la construction du Parc des technologies numériques (PTN) situé dans la localité de Diamniadio, à près de 35 km de la capitale Dakar. Lors d’une visite de terrain effectuée début novembre, Alioune Sall, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, a annoncé que la première phase de ce grand projet initié sous l'administration Macky Sall serait mise à disposition du secteur privé en mars 2026.
Cette phase qui s’étale sur une superficie de 12,5 hectares comprend trois tours dédiées aux entreprises technologiques, un centre de recherche et d’innovation, un incubateur de start-up, un centre de production audiovisuelle pour les industries créatives, ainsi qu’un espace de formation destiné à renforcer les compétences locales dans les métiers du numérique.
Dakar en hub numérique
Composante du « New Deal technologique », cette stratégie numérique du Sénégal à l’horizon 2034, le PTN dont la relance est actée après plusieurs années de ralentissements et d’ajustements techniques, vise à positionner Dakar comme hub d’innovation et de services numériques en Afrique de l’Ouest. « Le PTN est l’une des pierres angulaires du New Deal Technologique. Il incarne la volonté de créer un écosystème vertueux où la recherche, la formation, l'entrepreneuriat et l'industrie se nourrissent mutuellement. L'objectif est de positionner le pays comme un leader régional dans l'économie numérique, en attirant les investissements étrangers et en favorisant l'émergence de champions locaux », explique le ministère.
Dans un contexte de difficultés économiques – que le Premier ministre Ousmane Sonko a une nouvelle fois rappelé aux populations lors de son meeting du 8 novembre, les appelant à accepter des « sacrifices » –, le gouvernement a érigé le secteur du numérique en levier de croissance. Il se donne pour ambition de porter la contribution de ce dernier au produit intérieur brut à 15% d'ici 2035.
Lors du Forum de l'investissement organisé les 7 et 8 octobre au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio, le président Bassirou Diomaye Faye présentait aussi le numérique comme un secteur riche d'opportunités. Le PTN constitue l'un des atouts destinés à concrétiser ces ambitions.
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Accompagner les investissements
Dans sa version complète s'étalant sur 25 hectares, avec un coût estimé à environ 48,3 milliards FCFA (environ 73,6 millions d'euros), le PTN compte attirer les investisseurs internationaux en mettant à disposition des ressources immobilières, une connectivité mutualisée, un hébergement de données de proximité souverain et un guichet public dédié aux entreprises technologiques. Dans une conjoncture où la résilience opérationnelle compte autant que les incitations fiscales, l’argument clé est la réduction des coûts d’installation.
Côté emploi, la relance du PTN veut répondre à des objectifs ambitieux : environ 150 000 emplois directs et la labellisation de 500 start-up d'ici 2034, selon les cibles du New Deal technologique. Pour les investisseurs, cela dessine un vivier de talents et un pipeline de projets, à condition que la montée en compétences (formations, certifications, anglais professionnel, etc.) suive le rythme de l'implantation des entreprises.
Le principal défi reste de tenir les délais. Fixer mars 2026 comme échéance implique de finaliser rapidement les derniers lots techniques (réseaux, sécurité, raccordements, etc.) et de publier un calendrier d'homologation pour l'accueil des premiers locataires. L'autre clé pour séduire les investisseurs privés résidera dans le cadre contractuel : baux, tarifs de services, garanties d'énergie électrique, sécurité physique et digitale.
Dans un environnement financier volatile, la capacité du Sénégal à sécuriser des conditions d'exploitation prévisibles pourrait faire la différence face à des concurrents régionaux déjà bien positionnés comme Sèmè City au Bénin, ou le Village des Technologies de l'Information et de la Biotechnologie (VITIB) en Côte d’Ivoire.