Créée il y a une décennie pour financer les infrastructures et le développement dans les économies émergentes, la Nouvelle Banque de Développement des BRICS élargit progressivement son portefeuille d'interventions. L'Afrique du Sud, membre fondateur de l'institution, est un des pays où cette présence est la plus visible.
La Nouvelle Banque de Développement (NDB), la banque multilatérale fondée par les BRICS, a approuvé un prêt pouvant atteindre un milliard de dollars (environ 872 millions d’euros) destiné à soutenir la modernisation des infrastructures urbaines en Afrique du Sud.
Selon les détails publiés le mercredi 17 juin, les fonds doivent financer des investissements dans huit municipalités métropolitaines du pays. Les collectivités concernées sont Johannesburg, Le Cap, Buffalo City, Ekurhuleni, eThekwini, Mangaung, Nelson Mandela Bay et Tshwane.
L’institution indique que le programme vise à renforcer la fourniture de services urbains essentiels tels que l’approvisionnement en eau, l’assainissement, l’électricité ou encore la gestion des déchets solides. Ces secteurs figurent parmi les principaux défis auxquels sont confrontées les grandes villes sud-africaines, confrontées à la fois au vieillissement de certains équipements et à l’augmentation des besoins liés à la croissance urbaine.
Un engagement qui se renforce
Ce nouveau financement s’inscrit dans une série d’opérations menées par la NDB en Afrique du Sud depuis plusieurs années. En septembre 2024, l’institution a procédé à une levée de fonds de 1 milliard de rands (environ 53,1 millions d’euros), portant à 3,8 milliards de rands (environ 201,9 millions d'euros) le volume total des obligations émises par la banque sur le marché local. À cette occasion, la NDB soulignait disposer d’un portefeuille croissant de prêts libellés en rand destinés à financer des projets d’infrastructures et de développement durable.
Cette opération faisait suite à une première émission obligataire réalisée en 2023 sur le marché sud-africain, qui lui avait permis de lever 1,5 milliard de rands (environ 79,7 millions d'euros). L’opération avait été arrangée par Standard Bank et Absa, deux des principales banques du pays.
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Quelques années plus tôt, en 2019, le Conseil d’administration de la banque avait approuvé un prêt de 7 milliards de rands, soit environ 372 millions d'euros à l’époque, en faveur de la South African National Roads Agency (SANRAL), l’agence publique chargée du réseau routier national. Le projet concernait notamment la réhabilitation de routes existantes, la construction de voies supplémentaires ainsi que la rénovation d’ouvrages connexes tels que les ponts et les échangeurs.
Besoins d’investissement et nouvelles approches de financement
Le nouveau prêt intervient alors que la NDB cherche à développer de nouveaux modes de financement. En octobre 2024, sa présidente Dilma Rousseff avait indiqué que l’institution souhaitait accroître la part des prêts accordés en monnaies locales. Celle-ci représentait alors environ 22 % du portefeuille de prêts de la banque, avec un objectif de 30% à l’horizon 2026. Cette stratégie vise à réduire l’exposition des emprunteurs aux fluctuations du dollar et à renforcer l’utilisation des devises nationales dans les financements du développement.
Pour l’Afrique du Sud, l’engagement croissant de la banque survient dans un contexte où les besoins en infrastructures demeurent importants. Selon des données officielles rapportées par Agence Ecofin, les investissements dans les infrastructures sont passés d’environ 30% du PIB au début des années 1980 à près de 15% en 2022.
Ce recul est souvent présenté comme l’un des facteurs ayant pesé sur la croissance économique et sur la qualité de certains services publics. Pour les autorités sud-africaines, l’enjeu sera donc désormais de transformer les nouveaux fonds provenant de la NDB en améliorations concrètes et en impact concret pour leurs populations.