La Somalie amorce la reconstruction de son économie sous le regard du FMI

Idriss Linge, Agence Ecofin

Petit à petit la gestion de l’économie somalienne se modernise.
World Bank

Idriss Linge, Agence Ecofin

Petit à petit la gestion de l’économie somalienne se modernise.
World Bank
La Somalie, située sur la côte de la Corne de l’Afrique, a longtemps été, et demeure encore pour beaucoup, synonyme d'instabilité et d'économie informelle. Pourtant, selon le rapport 2025 du Fonds monétaire international (FMI), la donne a changé. À Mogadiscio, on ne se contente plus de gérer l'urgence : on reconstruit méthodiquement un État avec ses règles et ses institutions. Pour les investisseurs, la question cruciale a évolué : il ne s'agit plus seulement de savoir si le pays est stable, mais de savoir s'il est devenu « gouvernable ». Aujourd'hui, la priorité est de restaurer l'autorité de l'État sur le budget, notamment en apprenant à collecter ses propres impôts plutôt que de dépendre uniquement de l'extérieur.
Pour un pays qui a longtemps survécu grâce à l'aide internationale, ce changement est capital. En commençant à financer ses propres missions, l'État somalien montre qu'il devient plus prévisible. Parallèlement, les méthodes de gestion ont été modernisées : les contrôles sont plus stricts et les chiffres sont plus transparents. Pour un investisseur étranger, ces avancées techniques font toute la différence : on passe d'un marché totalement opaque à un environnement certes imparfait, mais compréhensible. Le message est clair : la Somalie commence enfin à produire des informations fiables.
Sur le terrain monétaire, la reconstruction de la Banque centrale est le chantier prioritaire. Dans un pays où le dollar américain circule partout et où l'économie échappe souvent au contrôle officiel, l'enjeu est de restaurer la confiance. Les progrès en matière de surveillance et de transparence sont étroitement suivis par les bailleurs de fonds et les entreprises privées.
Dans ce processus, le FMI joue le rôle de « garant » : avec près de cent réformes déjà validées, sa présence rassure. Elle ne supprime pas le risque, mais permet de mieux le délimiter.
L’effacement d'une grande partie de la dette a également transformé la situation. Désormais, le débat porte sur la manière d'utiliser l'argent économisé. Les autorités doivent faire des choix difficiles entre le social, la sécurité et les investissements productifs, tout en restant sérieuses dans leurs dépenses. C’est là que se joue la crédibilité du pays à long terme. Pour l’instant, la Somalie n’est pas encore un marché mûr pour des investissements massifs et immédiats. C’est plutôt un laboratoire de reconstruction. Le risque demeure élevé, mais les règles du jeu apparaissent enfin. La politique actuelle ne promet pas une richesse immédiate, mais elle établit un cadre crédible. Et sur les nouveaux marchés, c'est souvent l'existence de ces règles qui attire les premières opportunités.
Idriss Linge, Agence Ecofin
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