La décision de BYD d’atteindre plus rapidement que prévu son objectif de concessions en Afrique du Sud illustre la vitesse à laquelle le constructeur chinois consolide sa présence dans le premier marché automobile du continent. Une accélération qui intervient dans un contexte où le développement du secteur suscite de grands espoirs chez la nation arc-en-ciel.
Le constructeur chinois BYD a annoncé qu’il atteindrait d’ici mars 2026 son objectif initial de 35 concessions en Afrique du Sud, avant de porter son réseau à 60 ou 70 d’ici la fin de la même année. Une accélération portée par une demande croissante pour ses véhicules électriques et hybrides, selon Steve Chang, directeur général de BYD Auto South Africa, cité par Reuters.
Un calendrier d’expansion avancé
Steve Chang a expliqué que la hausse de la demande permettra au constructeur d’atteindre plus rapidement son objectif de 35 concessions, initialement fixé pour la fin de 2026 lorsqu’il avait été annoncé en juin. « Heureusement, nous avons avancé le calendrier au premier trimestre de l’année prochaine », a-t-il déclaré lors du lancement du SUV hybride rechargeable BYD Sealion 5.
Selon lui, la citadine électrique d’entrée de gamme Dolphin Surf est actuellement le modèle le plus vendu de BYD en Afrique du Sud, suivie par le pickup Shark. Le constructeur a officiellement lancé son Sealion 5 hybride rechargeable, proposé à partir de 25 000 euros (499 900 rands). Ce modèle est appelé à rivaliser avec des références populaires comme la Corolla Cross de Toyota, sur un segment des SUV compacts hybrides, particulièrement disputé en Afrique du Sud.
Une stratégie sud-africaine qui se précise
Ce nouveau développement s’inscrit dans un plan plus large visant à structurer un écosystème complet autour des véhicules électriques. En octobre, Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD, avait annoncé que le groupe prévoyait d’installer entre 200 et 300 stations de recharge rapide en Afrique du Sud d’ici la fin 2026. Selon ses explications, ces infrastructures reposeront soit sur le réseau électrique national, soit sur des installations photovoltaïques dans les zones mal desservies.
Ces bornes devraient offrir des temps de recharge d’environ cinq minutes pour une autonomie pouvant atteindre 400 kilomètres, ce qui répond à l’un des principaux obstacles à l’adoption des véhicules électriques dans le pays : la disponibilité des infrastructures. Stella Li avait également souligné que BYD se trouvait encore aux premières étapes de la structuration de son réseau local, mais voyait dans l’Afrique du Sud un marché stratégique. « C’est le plus grand marché automobile de tout le continent africain, donc nous devons y concentrer nos efforts. Une fois que nous aurons lancé nos activités ici, nous pourrons reproduire ce modèle dans d’autres pays africains », expliquait-elle.
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En septembre 2025, BYD Auto South Africa a également signé un mémorandum de coopération avec Eskom, la compagnie publique d’électricité, afin de soutenir le développement de la mobilité électrique.
Un marché sud-africain en transformation
La progression de BYD intervient dans un contexte où les constructeurs automobiles chinois renforcent rapidement leur présence en Afrique du Sud. Au deuxième trimestre 2025, ils représentaient 15% du marché sud-africain des véhicules neufs, contre 3,1% en 2022, selon des données relayées récemment par La Tribune. Cette évolution reflète l’intérêt croissant des consommateurs pour des modèles électriques et hybrides à prix compétitifs, un segment sur lequel les marques chinoises bénéficient d’économies d’échelle significatives.
Pour l’Afrique du Sud, l’arrivée d’une concurrence plus intense pourrait contribuer à dynamiser un secteur considéré comme stratégique par les autorités. Selon les propos du vice-président sud-africain Paul Mashatile, relayés en août dernier par la presse locale, le secteur automobile représente 22,6% de la production manufacturière nationale et 5,2 % du produit intérieur brut.
Le pays s’appuie sur le South African Automotive Master Plan 2035 (SAAM), qui vise à porter la production locale à 1% de l’offre mondiale, augmenter le contenu local à 60%, doubler l’emploi du secteur et renforcer la participation de groupes sud-africains dans les chaînes de valeur.
Paul Mashatile souligne que le secteur reste un « pilier du développement industriel », estimant qu’un investissement accru dans la recherche, la technologie et les partenariats pourrait favoriser une montée en gamme, tout en renforçant la compétitivité du pays dans le contexte d’une transition mondiale vers l’électrification.