Zinc : la RDC renforce son statut sur le marché mondial en pleine hausse des prix

Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Ivanhoe prévoit de produire entre 240 000 et 290 000 tonnes de concentré de zinc à Kipushi en 2026.
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Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Ivanhoe prévoit de produire entre 240 000 et 290 000 tonnes de concentré de zinc à Kipushi en 2026.
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Ivanhoe Mines a annoncé jeudi 4 juin une production record de 25 677 tonnes de zinc en mai, sur sa mine Kipushi en République démocratique du Congo (RDC). Ce niveau d’activité place la mine au quatrième rang mondial, faisant de la RDC un fournisseur de premier plan sur un marché mondial en déficit où les prix sont au plus haut depuis 2022.
Le zinc sert principalement à protéger l'acier de la corrosion, un procédé appelé galvanisation, utilisé dans la construction, l'automobile et les infrastructures. On le retrouve également dans les alliages industriels, les piles et les engrais agricoles. La Chine est à la fois le premier producteur et le premier consommateur mondial, devant le Pérou et l'Australie.
Kipushi est l’un des fournisseurs qui permet à la RDC de monter en puissance dans l’offre mondiale. Coentreprise détenue à 62% par le canadien Ivanhoe Mines, le reste appartenant à la compagnie publique congolaise Gécamines, la mine est en production depuis juin 2024. En 2025, la mine a livré 203 168 tonnes de zinc sous forme de concentré, et Ivanhoe s’attend cette année à une production comprise entre 240 000 et 290 000 tonnes.
Depuis janvier, Kipushi a produit environ 110 000 tonnes, mais le record de production mensuelle enregistré en mai correspond à un rythme annualisé de 308 000 tonnes. Selon la compagnie canadienne, cela place Kipushi derrière Antamina, Red Dog et Rampura Agucha, respectivement troisième, deuxième et première mine de zinc au monde.
Kipushi ne vend pas de métal prêt à l'emploi. Elle produit un concentré, un minerai broyé et enrichi qui titre environ 55% de zinc et que les fonderies transforment ensuite en métal raffiné. La distinction compte, car la tension du marché ne se situe pas au même endroit selon que l'on parle du concentré ou du métal fini. Pour le zinc raffiné justement, l’International Lead and Zinc Study Group tablait encore à l’automne 2025 sur un large excédent pour 2026, de l'ordre de 271 000 tonnes. À sa réunion de printemps, en avril, l’organisation a inversé sa prévision et anticipe désormais un déficit de 19 000 tonnes cette année.
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La production des mines a pourtant rebondi de 4,8% en 2025, après trois ans de recul. Le goulet d'étranglement se trouve dans les fonderies qui peinent à suivre. Deux accidents l'ont aggravé après cette réunion. Une explosion a frappé l'usine Kazzinc de Glencore au Kazakhstan début mai, et un incendie a interrompu la fonderie Cajamarquilla de Nexa au Pérou. Ces deux sites pèsent ensemble autour de 600 000 tonnes de capacité annuelle, et les chocs subis ont contribué à propulser le prix comptant du métal à près de 3 600 dollars la tonne début juin.
Du côté des mines, le tableau est contrasté. La production baisse au Pérou, où le gisement d'Antamina réduit ses volumes, en Suède avec la mine de Garpenberg ou encore aux États-Unis, où la mine de Red Dog décline. Elle augmente en revanche en RDC, au Portugal et en Chine, qui démarre une importante capacité nouvelle cette année.
Pour la RDC, cette progression de la production annonce des recettes plus importantes sous forme de taxes et de redevances sur les revenus. Au premier trimestre 2026, Kipushi a dégagé un chiffre d'affaires record de 162 millions de dollars, contre 77 millions un an plus tôt. En dehors de l’effet de la hausse des prix et de la production, la part des revenus qui revient à l’Etat congolais grandit d’une autre manière. C’est grâce à un accord de janvier 2024 que la Gécamines détient désormais 38 % de la coentreprise, contre 32% à l'origine. Cette part doit ensuite monter à 43% en 2027.
La chaîne de valeur s'arrête toutefois à la mine. La totalité du concentré est vendue d'avance, sous des contrats pluriannuels signés dès 2024, aux deux tiers à CITIC Metal et à Trafigura, le reste à Mercuria depuis juillet 2025. Il part à l'export, notamment vers la Chine, premier transformateur mondial de zinc. La RDC consolide ainsi son statut de fournisseur de minerai, mais transforme toujours son zinc hors de ses frontières.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin
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