Le polonais Feerum poursuit son expansion africaine dans les silos à grains
Espoir Olodo, Agence Ecofin

L’Égypte veut produire localement 80 % des composants de silos d’ici 3 ans.
@Feerum
Espoir Olodo, Agence Ecofin

L’Égypte veut produire localement 80 % des composants de silos d’ici 3 ans.
@Feerum
Le 6 novembre dernier, les autorités égyptiennes ont approuvé la création de Feerum Egypt. Cette entité, issue de la collaboration entre le groupe polonais Feerum, spécialisé dans les solutions de stockage et de séchage des céréales, et la société locale Samcrete, a pour objectif de construire une usine dédiée à la conception, la fabrication et l’installation de silos de stockage de grains.
L’usine sera implantée dans la zone industrielle de Port-Saïd Est, située dans la Zone économique du Canal de Suez (SC Zone), avec un investissement total de 29 millions d'euros, soit 1,6 milliard de livres égyptiennes. Le projet prévoit que 80% des composants nécessaires à la production de silos soient fabriqués localement d’ici trois ans, dans le cadre d’un contrat à prix fixe en monnaie locale. Sur la même période, Feerum Egypt devra fournir des composants pour silos d’une capacité de stockage totale de 1,4 million de tonnes durant cette même période.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement égyptien d’accroître ses capacités nationales de stockage des céréales. Premier importateur mondial de blé, l’Égypte achète chaque année plus de 12 millions de tonnes de cette denrée stratégique. Avec un programme de subvention du pain touchant près de 69 millions de personnes, les besoins de stockage ne cessent de croître pour garantir la sécurité alimentaire du pays. En septembre 2024, les autorités ont annoncé une enveloppe de 34 milliards de livres égyptiennes (619 millions €) destinée à financer la construction de nouveaux silos d’ici 2030, ce qui devrait permettre d’augmenter la capacité de stockage de grains de 2,6 millions de tonnes à terme.
Au-delà de l’Égypte, c’est en Tanzanie que Feerum a débuté son implantation africaine. Dans ce pays, exportateur net de céréales comme le maïs et le riz, le groupe polonais a signé en 2016 un contrat avec l’Agence nationale des réserves alimentaires de Tanzanie (NFRA). Évalué à 28 millions d'euros soit 33 millions de dollars, ce projet visait à construire 51 silos à grains d’une capacité totale de 191 000 m³.
Grâce à ces initiatives, Feerum entend consolider sa présence en Afrique et devenir un acteur majeur de la modernisation des infrastructures post-récolte, dans un contexte où la sécurité alimentaire et la réduction des pertes agricoles sont des priorités nationales.
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Alors que l'Afrique doit faire face à la croissance de sa production alimentaire, le continent subit chaque année des pertes post-récolte importantes, limitant les quantités disponibles sur les marchés.
Selon la FAO, jusqu’à 20% de la production agricole serait perdue après la récolte, en grande partie à cause de la réfrigération limitée, des systèmes de transport inefficaces et des conditions de stockage inadéquates.
Dans la région, la plupart des installations situées dans les zones de production ne disposent pas de dispositifs de contrôle de la température et de l’humidité ni de mesures efficaces contre les parasites. Les céréales, pilier de la sécurité alimentaire des ménages dans les quatre régions du continent, figurent parmi les denrées les plus touchées, aux côtés des fruits, légumes, produits laitiers et poisson.
Ce contexte souligne la nécessité de disposer d’infrastructures de stockage performantes et offre des opportunités pour les acteurs privés locaux et les investisseurs étrangers. Dans les prochaines décennies, la demande en céréales sur le continent devrait encore croître avec l’augmentation démographique, créant des besoins supplémentaires en installations modernes, telles que les silos métalliques, les systèmes de séchage automatisés et les chaînes logistiques climatisées.
Des initiatives publiques et privées se multiplient pour combler ce déficit. En 2023, par exemple, le gouvernement du Zimbabwe a annoncé la construction de huit nouveaux complexes de silos d’une capacité totale de 451 200 tonnes pour l’Office de commercialisation des céréales (GMB). D’un coût de 237 millions d'euros soit 275 millions de dollars, le projet sera réalisé en collaboration avec le fournisseur biélorusse Aftrade et Bühler, fabricant suisse leader mondial dans la technologie de transformation des céréales.
Espoir Olodo, Agence Ecofin
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