Vue aérienne de la forêt tropicale du Bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical au monde après l'Amazonie.
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Le mécanisme vise à mobiliser plus de 500 millions $ d’investissements privés d’ici 2030 dans des chaînes de valeur sans déforestation, en s’appuyant sur une combinaison de capital catalytique, d’assistance technique et de financements concessionnels.
En marge de la COP30 tenue à Belém au Brésil, les gouvernements de Belgique, d’Allemagne et de Norvège, ainsi que l’Initiative pour la forêt d’Afrique centrale (CAFI), ont annoncé un engagement de 93 millions de dollars soit 80,6 millions d'euros en capital à risque en faveur de Canopy Trust, un mécanisme de finance mixte lancé début 2025. Cette enveloppe avait pour objectif d’amorcer des investissements privés dans des chaînes de valeur « zéro déforestation » au sein du Bassin du Congo, couvrant la RDC, le Cameroun, le Gabon, la République du Congo, la RCA et la Guinée équatoriale.
L’annonce a été faite dans un contexte où la place des grandes forêts tropicales était au cœur des échanges de la COP30. Dans ce contexte, Canopy Trust entend cibler des « chaînes de valeur sans déforestation » afin que « les communautés [puissent] subvenir à leurs besoins et prospérer tout en protégeant leurs forêts ».
Plus de 40 projets identifiés
Les pays ciblés par l’initiative sont le Cameroun, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Gabon et la République du Congo. L’accent a été mis en particulier sur la RDC, qui abrite « environ 60 % des forêts du Bassin du Congo », un écosystème décrit comme « un puits de carbone mondial d’importance cruciale ».
Plus de 40 projets ont déjà été identifiés dans le pipeline de Canopy Trust et quatre projets en RDC ont reçu une première approbation pour une assistance technique. Il s’agit d’un réseau de fours à charbon à haut rendement associé à des pôles de transformation du manioc ; une unité de production de charbon durable intégrant un système de récupération de chaleur pour le manioc ; une initiative agricole durable intégrée et une plateforme de micro-distribution de GPL destinée à proposer une alternative au bois-énergie pour les communautés.
Soutien des bailleurs et des États de la région
Au-delà du montant annoncé, la portée politique du message délivré à Belém reposait sur la nécessité de rapprocher les ambitions des États et l’engagement des investisseurs privés.Le ministre norvégien du Climat et de l’Environnement, Andreas Bjelland Eriksen, a souligné que « préserver les forêts du Bassin du Congo est essentiel pour atteindre nos objectifs mondiaux en matière de climat et de biodiversité » et que Canopy Trust visait à « combler l’écart entre l’ambition publique et l’investissement privé » tout en créant « des chaînes de valeur durables qui permettent aux populations et aux forêts de prospérer ensemble ».
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Du côté des pays bénéficiaires, la ministre congolaise de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, avait déclaré que l’approche de Canopy Trust aiderait la RDC à « attirer des investissements privés responsables » pour développer des chaînes de valeur en accord avec les engagements environnementaux du pays, « tout en soutenant l’industrialisation durable que méritent nos citoyens ».
Perspectives potentielles pour le Bassin du Congo
Si Canopy Trust parvient à dérouler la trajectoire annoncée à Belém, l’initiative pourrait, à terme, devenir un levier structurant pour la transformation économique des pays du Bassin du Congo. Le mécanisme a en effet affiché l’ambition de mobiliser au moins 500 millions USD d’investissements privés d’ici 2030 dans des chaînes de valeur sans déforestation, en s’appuyant sur une combinaison de capital catalytique, d’assistance technique et de financements concessionnels.
Dans cette perspective, les projets pilotes annoncés en RDC pourraient servir de modèles pour une réplication à plus grande échelle dans d’autres pays de la sous-région. Le recours à des alternatives au bois-énergie, le développement de l’agriculture durable ou encore la modernisation des activités liées au charbon de bois constituent autant de pistes évoquées pour réduire la pression sur les forêts tout en générant des revenus locaux.
D’après la Banque mondiale, la valeur des services écosystémiques du bassin du Congo, qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale humide au monde, s’affichait à 1150 milliards $ en 2020. Pourtant ils ne rapportaient sur la même année que 8 milliards de dollars de gains nationaux provenant principalement du bois, de la viande de brousse, des produits alimentaires de la forêt et de l’écotourisme. Un écart, qui démontre de l’énorme potentiel économique dont recèle une zone généralement reconnue comme le deuxième poumon vert de la planète.