Avec Kiniero, la Guinée avance d’un pas supplémentaire vers le renforcement de son or industriel
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Opérations de forage sur le site de Kiniero, première étape du développement minier du projet aurifère.
Photo DR
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Opérations de forage sur le site de Kiniero, première étape du développement minier du projet aurifère.
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La mine d’or de Kiniero a livré ses premiers lingots, a annoncé la société Robex Resources dans un communiqué publié lundi 22 décembre. Cette première coulée marque l’entrée effective du projet en phase de production et constitue une nouvelle étape dans la montée en puissance progressive de l’industrialisation du secteur aurifère guinéen. Selon la compagnie, le premier lingot coulé sur site pesait 2,64 kilogrammes. Robex indique que cette étape a été franchie dans les délais et conformément au budget initial. La montée en puissance de l’usine est en cours, avec des taux de récupération jugés conformes aux attentes. D’après les prévisions actuelles, l’installation devrait atteindre sa capacité nominale de fonctionnement au premier trimestre 2026. « Il s’agit d’une étape majeure pour Robex, et chaque membre de nos équipes peut être fier de ce que nous avons accompli ensemble à Kiniero. L’achèvement des travaux et le démarrage de la production d’or constituent l’aboutissement de dix-sept mois d’engagement et de travail intense », a commenté Matthew Wilcox, directeur général de Robex.
D’un coût total estimé à 207 millions d'euros, Kiniero est conçu comme un complexe aurifère d’une durée de vie de neuf ans, avec une production moyenne attendue d’environ 139 000 onces d’or par an. Pour sa première année complète d’exploitation, en 2026, la production attendue est de 155 000 onces. L’entrée en production de la mine arrive dans un contexte où la Guinée voit émerger plusieurs projets aurifères industriels. En 2023, la compagnie britannique Hummingbird Resources a, elle aussi, lancé la production à la mine de Kouroussa, dont le potentiel annuel est estimé à environ 100 000 onces sur une durée de vie initiale de sept ans. De son côté, la société AngloGold Ashanti exploite la mine de Siguiri, qu’elle détient à 85%. En 2024, l’opérateur y a déclaré une production consolidée de 273 000 onces, un niveau qu’il prévoit de dépasser en 2025. Parmi les autres actifs en développement, Bankan figure parmi les plus avancés. L’australien Predictive Discovery prévoit de prendre une décision finale d’investissement au deuxième trimestre 2026 pour ce projet, évalué à plus de 392 millions EUR dans une étude de faisabilité définitive publiée en juin. Le gisement est présenté comme l’un des plus grands découverts ces dernières années en Afrique de l’Ouest.
Si ces projets renforcent progressivement la base industrielle du secteur, l’exploitation artisanale continue de dominer largement la production aurifère guinéenne. En 2023, les exportations d’or issues de l’artisanat ont atteint environ 1 866 607 onces, selon les données officielles, soit près du triple des volumes provenant des mines industrielles (598 957 onces). Pour les autorités guinéennes, l’un des principaux enjeux de cette dynamique réside dans la volonté d’accroître les revenus générés par le secteur à un moment où le cours de l’or grimpe sur le marché mondial. Le métal jaune se négocie actuellement à plus de 3 400 d'euros l’once, en hausse de 65% depuis le début de l’année. L’or bénéficie d’un regain d’intérêt en tant que valeur refuge, porté par les incertitudes économiques et géopolitiques, ainsi que par les stratégies de diversification des investisseurs et des banques centrales. Plusieurs institutions internationales anticipent un maintien du niveau de cours élevé dans les prochains mois. Ces conditions renforcent l’intérêt pour Conakry de structurer un secteur aurifère industriel capable de mieux capter la valeur générée par le métal jaune. L’économie minière du pays est largement dominée par la bauxite, mais peut compter désormais sur l’entrée en production du mégaprojet de minerai de fer Simandou.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin
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