Dangote Group a annoncé en 2025 la construction d’un complexe d’engrais de 2,5 milliards de dollars en Éthiopie.
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En Éthiopie, Dangote sécurise du gaz sur 25 ans auprès d’un groupe chinois pour son projet d’engrais
Le gaz naturel n’est pas qu’une simple source d’énergie. Il constitue une matière première indispensable à la fabrication de l’ammoniac, composant de base des engrais azotés comme l’urée. En Éthiopie, où les ambitions agricoles s’accompagnent d’une volonté d’industrialisation, le groupe Dangote vient de franchir une étape clé en sécurisant cet intrant stratégique.
Le groupe Dangote a conclu un accord avec l’entreprise chinoise Golden Concord (GCL) afin de s’assurer un approvisionnement en gaz naturel sur 25 ans, destiné à son futur complexe d’engrais en Éthiopie. D’une valeur de 4,2 milliards de dollars (3,6 milliards €), cet accord répond à l’une des principales incertitudes du projet, en garantissant l’accès à la matière première nécessaire à la production.
Selon les détails relayés par la presse internationale, GCL fournira le gaz à partir du champ de Calub, situé dans le bassin de l’Ogaden. La ressource sera acheminée jusqu’au site industriel de Gode, dans la région Somali, via un pipeline dédié d’environ 108 kilomètres, conçu pour relier directement la production à l’usine. Le groupe chinois prévoit d’atteindre une production équivalente à 1,33 milliard de litres par an à l’horizon 2029, date également envisagée pour la mise en service de l’unité de production d’engrais.
« Grâce à cette coopération stratégique avec GCL, nous allons créer une chaîne de valeur intégrée, allant de l’extraction du gaz naturel à la production d’engrais, renforçant ainsi la capacité de l’Afrique à assurer sa propre sécurité alimentaire », a déclaré le groupe Dangote.
Un partenariat entre Dangote et le fonds souverain éthiopien
Le projet d’usine d’engrais a été annoncé en 2025 dans le cadre d’un partenariat entre Dangote et Ethiopian Investment Holdings (EIH), le fonds souverain éthiopien.
D’un coût estimé à 2,5 milliards de dollars (2,1 milliards €), l’installation devrait produire jusqu’à 3 millions de tonnes d’urée par an, avec l’objectif de réduire les importations d’engrais et de soutenir la production agricole locale.
Dangote entend y reproduire le modèle développé au Nigeria, où son usine d’urée de Lekki, alimentée au gaz naturel, affiche une capacité équivalente et permet déjà de couvrir une part importante des besoins nationaux tout en exportant vers les pays voisins.
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Si l’accord avec GCL permet en théorie de lever un obstacle majeur, celui de l’accès au gaz, il ne dissipe pas entièrement les incertitudes entourant le projet et son calendrier.
Approvisionnement sécurisé, mais incertitudes persistantes
Le développement des champs gaziers de Calub et Hilala, identifiés comme sources d’approvisionnement, a en effet été marqué par des retards. Découverts dans les années 1970, ces gisements ont longtemps peiné à entrer en production en raison de difficultés techniques, financières et d’infrastructures.
Le groupe chinois GCL n’en est pas à sa première implication dans ces ressources. Il avait obtenu il y a quelques années un contrat pour développer les réserves gazières de Calub, estimées à plus de 130 milliards de mètres cubes, ainsi que pour construire un projet de gaz naturel liquéfié destiné à l’export. Ce projet ne s’est toutefois pas concrétisé.
La nouvelle phase engagée par les autorités éthiopiennes s’inscrit dans une approche plus intégrée. Le développement des ressources gazières est désormais associé à un ensemble de projets industriels dans la région Somali, incluant une raffinerie de pétrole, un projet de gaz naturel liquéfié et l’usine d’engrais portée par Dangote. L’objectif affiché est de favoriser la transformation locale de ces ressources plutôt que leur exportation à l’état brut.
Il faudra néanmoins attendre les prochaines avancées pour déterminer si ce cadre permettra de surmonter les difficultés rencontrées par le passé. De cette capacité à développer effectivement la production et les infrastructures dépendra, en grande partie, la mise en œuvre du projet d’engrais de Dangote. Le groupe n’a pas encore précisé le calendrier de lancement des travaux de construction, dont la durée est estimée à environ 40 mois.