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Le projet gazier Mozambique LNG perd un soutien d’un milliard d'euros du Royaume-Uni

Photo de Espoir Olodo

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 02 décembre 2025 à 15:15

TotalEnergies prévoit le premier chargement de GNL du projet Mozambique LNG pour le premier semestre 2029.

TotalEnergies prévoit le premier chargement de GNL du projet Mozambique LNG pour le premier semestre 2029.

Photo DR

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Annoncé en 2020 comme l’un des projets gaziers les plus importants du continent africain, Mozambique LNG a depuis accumulé les déconvenues. Entre suspension des opérations, retrait de financements et accusations d’atteintes aux droits de l’homme, le répit n’est pas à l’ordre du jour pour le consortium qui pilote l’initiative.

Le Royaume-Uni a annoncé le 1er décembre dernier le retrait de son soutien financier au projet Mozambique LNG. « Mes services ont évalué les risques liés au projet, et le gouvernement de Sa Majesté estime qu’ils se sont accrus depuis 2020 », a déclaré Peter Kyle, ministre britannique du Commerce, dans un communiqué rapporté par Bloomberg.

Par l’intermédiaire de l’Agence de crédit à l’exportation du Royaume-Uni (UKEF), le gouvernement avait pris en 2020 un engagement de près d'un milliard d'euros afin de favoriser l’implication d’entreprises britanniques dans la fourniture de biens et services pour le projet.

Jusqu’ici, l’UKEF figurait, aux côtés de la BAD, JP Morgan, Société Générale et Crédit agricole, parmi les 31 institutions financières publiques et privées engagées dans le financement de ce chantier, qui prévoit une installation de liquéfaction du gaz naturel d’une capacité initiale d’environ 13 millions de tonnes par an.

Selon M. Kyle, la décision a été prise « en accord avec les promoteurs du projet et des autres participants ».

Une annonce qui arrive au mauvais moment

Si cette décision réjouit les organisations environnementales qui dénoncent un financement contraire aux engagements climatiques du Royaume-Uni, elle arrive au pire moment pour les promoteurs du projet, à commencer par TotalEnergies, actionnaire principal à hauteur de 26,5%.

Le groupe français, principal opérateur du consortium Mozambique LNG, avait confirmé fin octobre dernier le redémarrage imminent des opérations dans la région de Cabo Delgado, après une suspension entamée en avril 2021, à la suite d’une attaque djihadiste survenue à quelques kilomètres du site industriel.

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Quatre ans et demi plus tard, l’entreprise estime que cette force majeure a entraîné un surcoût d’environ 4 milliards d'euros, portant le coût total du projet près de 24 milliards d'euros.

Si les autorités mozambicaines ont demandé un audit indépendant pour confirmer que les chiffres avancés sont documentés et conformes aux obligations contractuelles, le gouvernement a néanmoins conclu en novembre un accord avec le groupe français pour intégrer dans la durée de la concession le temps de suspension des activités. La compagnie a reporté la date prévue pour le premier chargement de GNL au premier semestre 2029, contre un objectif initial fixé à juillet 2024.

Des perspectives qui s’assombrissent

Avec le retrait du Royaume-Uni, les nuages s’amoncellent un peu plus sur ce projet présenté comme l’un des plus stratégiques du continent africain dans le secteur énergétique.

TotalEnergies est visé depuis novembre par une plainte pour complicité de crimes de guerre liée à ce projet. 

Au-delà du risque d’atteinte à la réputation, désormais associé à Mozambique LNG, l’appui américain apparaît lui aussi fragilisé, alors que, selon un rapport du cabinet Deloitte publié en 2024, le projet pourrait permettre au Mozambique de figurer parmi les dix premiers producteurs mondiaux de gaz naturel d’ici 2040.

Le prêt de près de 4 milliards d'euros approuvé en mars 2025 par l’Agence américaine de crédit aux exportations (US Exim Bank) est contesté en justice par les ONG Friends of the Earth et Justiça Ambiental, qui ont saisi un tribunal fédéral américain.

Parmi leurs griefs, les deux organisations dénoncent l’absence d’évaluations environnementales et sociales solides, un déficit de transparence, ainsi qu’un manque de consultation du Congrès et du public. Elles soulignent également que la décision aurait été prise par une direction intérimaire nommée par le président américain Donald Trump.

Si ce manquement venait à être confirmé, il pourrait remettre en cause la validité juridique de l’approbation du financement. Surtout, il risque de rendre encore plus incertaine la relance du projet et de décourager d’autres bailleurs de fonds, alors que les États-Unis en sont le principal financeur.

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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