Redtech opère avec un modèle permettant de proposer des services financiers de base via des commerçants équipés de terminaux électroniques.
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Paiements numériques : les ambitions d’expansion de Redtech, start-up soutenue par Tony Elumelu
Le marché des paiements évolue rapidement en Afrique, sous l’effet de la numérisation et des politiques favorisant les transactions électroniques. Dans ce paysage devenu très concurrentiel, la start-up nigériane Redtech cherche à élargir son empreinte.
La fintech nigériane Redtech Ltd envisage de lever environ 100 millions USD (environ 84,7 millions d’euros) au cours des deux prochaines années afin de soutenir son expansion en Afrique, a rapporté cette semaine Bloomberg qui cite son directeur général Emmanuel Ojo. L’entreprise soutenue par le magnat Tony Elumelu prévoit de s’implanter dans 29 pays du continent au premier semestre 2026, avant d’envisager un financement de type « série A ».
Une montée en puissance rapide
Redtech opère à travers un modèle permettant de proposer des services financiers de base via des commerçants équipés de terminaux électroniques. Selon son DG, l’entreprise a vu une croissance rapide de ses activités ces dernières années, portée par l’essor des paiements numériques et par les politiques de la banque centrale du Nigeria, visant à réduire l’usage du cash. « L’entreprise est désormais arrivée à un stade de maturité qui nécessite une expansion, avec davantage de fonds propres et de nouveaux produits à l’échelle du continent », a déclaré M. Ojo.
La société prévoit d’augmenter fortement le volume de transactions traitées sur sa plateforme, avec un objectif de 100 milliards d’opérations par an d’ici deux ans, contre environ 25 milliards en 2025. La valeur totale des transactions pourrait, sur la même période, être multipliée par plus de trois pour atteindre environ 60 milliards d’euros. Redtech veut aussi continuer de s’appuyer sur le déploiement massif de terminaux de paiement. Plus de 30 000 appareils ont déjà été installés, et l’entreprise prévoit d’en déployer plus de 100 000 supplémentaires d’ici la fin de l’année.
Une fintech ambitieuse sur un marché disputé
Encore peu connue hors du Nigeria, Redtech est une filiale de Heirs Holdings, le groupe d’investissement panafricain fondé par Tony Elumelu, figure majeure du capitalisme africain et président de United Bank for Africa (UBA). Ce lien constitue un atout stratégique pour la start-up, qui prévoit d’interconnecter son infrastructure de paiement et les opérations transfrontalières d’UBA, ainsi que celles d’autres institutions financières. Grâce à cette interconnexion, Redtech ambitionne de pouvoir traiter des paiements dans 54 pays africains.
Ses ambitions d’expansion arrivent néanmoins dans un contexte de concurrence accrue. Le marché africain des paiements numériques est appelé à atteindre 1 500 milliards USD (environ 1 275 milliards d'euros) d’ici 2030, selon un rapport publié l’année passée par Mastercard. Il attire un nombre croissant d’acteurs, stimulés par la progression du commerce électronique, l’urbanisation et l’essor des transferts instantanés.
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Des entreprises comme Flutterwave, présente dans une trentaine de pays africains, ou Chipper Cash et Moove, poursuivent elles aussi leur développement continental. Flutterwave a d’ailleurs récemment annoncé le rachat de la plateforme nigériane d’open banking Mono Technologies. « En intégrant la technologie d’API pionnière de Mono au sein de l’écosystème Flutterwave, nous faisons de l’open banking un pilier central de l’évolution des paiements en Afrique, à l’heure où le continent s’apprête à franchir une nouvelle étape majeure dans ce domaine », a déclaré l’entreprise.
Dans cet environnement, les enjeux pour Redtech seront de parvenir à s’imposer technologiquement, à gérer la diversité réglementaire des marchés africains et à maintenir la fiabilité de ses infrastructures à grande échelle. Autant de paramètres qui illustrent la complexité d’un secteur qui continue de se structurer, et où la croissance rapide ne garantit pas automatiquement une position dominante durable.