la récolte record de 500 000 tonnes d’huile d’olive annoncée en 2025/2026 pousse les autorités à adopter une approche proactive dans la recherche de nouvelles destinations
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La Tunisie est le quatrième exportateur mondial d’huile d’olive après l’Espagne, l’Italie et le Portugal. La filière dépend fortement du marché européen pour ses ventes.
En Tunisie, le gouvernement envisage de lancer des discussions avec l’Union européenne (UE) afin de relever à 100 000 tonnes, le volume d’huile d’olive exporté en franchise de droits de douane vers le marché communautaire. Actuellement, le quota est fixé à 56 700 tonnes dans le cadre de l’Accord d’association entré en vigueur en 1998 et qui régit les relations commerciales entre les deux parties.
Renforcer la présence des exportateurs
Si le calendrier de négociation n’a pas été précisé, l’objectif de la démarche reste clair : améliorer la présence des exportateurs tunisiens sur ce marché en profitant de ce mécanisme. En effet, ce dispositif constitue un avantage stratégique majeur pour la filière oléicole tunisienne, dans la mesure où l’Union européenne représente le premier marché mondial de l’huile d’olive et absorbe une part significative des exportations tunisiennes (90% de ses ventes totales).
Grâce à cet accès préférentiel, les exportateurs tunisiens ont amélioré leur compétitivité sur le marché européen, notamment face aux producteurs soumis aux droits de douane standards comme la Turquie, l’Égypte et l’Argentine. Au-delà du quota annuel de 56 700 tonnes, les exportations tunisiennes restent possibles, mais sont alors soumises aux droits de douane appliqués par l’UE aux pays tiers.
En dehors des quotas et des accords préférentiels, les exportations d’huile d’olive vers le marché communautaire de l’Union européenne sont soumises à un droit de douane de 124,50 euros pour 100 kg, ce qui renchérit significativement le coût d’accès.
Une offensive à l’export plus large
Cette annonce s’inscrit dans un ensemble plus large d’initiatives diplomatiques visant à accroître les ventes en diversifiant les débouchés. Malgré l’importance de la filière oléicole (elle occupe 1/3 des superficies arables, selon le Département américain de l’agriculture), la Tunisie consomme essentiellement de l’huile de soja et exportant près de 80% de sa production d’huile d’olive.
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Dans le pays du Jasmin, la récolte record de 500 000 tonnes d’huile d’olive annoncée en 2025/2026 a conduit les autorités à adopter une approche proactive dans la recherche de nouvelles destinations depuis quelques mois.
Des discussions sont ainsi actuellement engagées avec l’Indonésie en vue d’assouplir les conditions d’accès de l’huile d’olive tunisienne à ce marché pour les exportateurs du pays. Ces négociations visent à lever certains obstacles tarifaires et réglementaires.
En parallèle, les autorités tunisiennes renforcent leurs actions de promotion sur plusieurs marchés asiatiques à fort potentiel, notamment en Inde, au Japon et en Corée du Sud, où la consommation d’huile d’olive progresse sous l’effet de l’évolution des habitudes alimentaires.
Dans cette dynamique, une délégation du ministère tunisien du Commerce et du Développement des exportations, conduite par Mourad Ben Hussein, directeur général du Centre de promotion des exportations (CEPEX), s’est rendue en octobre dernier à Wuhan, dans la province chinoise du Hubei dans le cadre des efforts de promotion de l’huile d’olive tunisienne sur le marché chinois.
Au-delà de l’Asie, les autorités sont également en discussion avec les USA pour revoir les droits de douane de 25% appliqués par Washington à ce produit depuis le mois d’août. Le pays de l’Oncle Sam absorbe, selon les données de l’Union tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP), près de 70% de l’huile tunisienne exportée en bouteilles, ce qui représente près de 30% de ses exportations globales.