Le Togo accède au statut de pays à revenu intermédiaire et élargit ses perspectives de financement

Reclassement du Togo par la Banque mondiale, un signal économique qui confirme ses progrès récents.
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Reclassement du Togo par la Banque mondiale, un signal économique qui confirme ses progrès récents.
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Le Togo est officiellement sorti de la catégorie des pays à faible revenu. Dans sa mise à jour annuelle des classifications par niveau de revenu, publiée le 1er juillet, le Groupe de la Banque mondiale a reclassé le pays parmi les économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, une évolution qui traduit les performances économiques enregistrées ces dernières années tout en ouvrant de nouvelles perspectives en matière de financement du développement.
Cette classification, qui couvre 218 économies, est établie chaque année à partir du revenu national brut (RNB) par habitant de l'année précédente, calculé selon la méthode Atlas et exprimé en dollars courants. Elle distingue quatre catégories : faible revenu, revenu intermédiaire inférieur, revenu intermédiaire supérieur et revenu élevé. La nouvelle grille restera en vigueur jusqu'au 30 juin 2027.
Le Togo est le seul pays à quitter cette année la catégorie des économies à faible revenu. Les cinq autres changements concernent la Jordanie, la Micronésie, les Philippines, le Sri Lanka et le Vietnam, qui accèdent tous à la catégorie des pays à revenu intermédiaire supérieur.
Avec ce reclassement, le Togo rejoint plusieurs pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), notamment la Côte d'Ivoire, le Bénin et le Sénégal, déjà classés parmi les économies à revenu intermédiaire inférieur.
Selon les explications de la Banque mondiale, cette évolution résulte d'une combinaison de facteurs. La croissance économique est restée soutenue, avec une progression du PIB de 5,9% en 2025, réévaluée à environ 6% par le FMI dans le cadre de la dernière revue de son programme de Facilité élargie de crédit. Les fluctuations du taux de change ont également contribué à la hausse du revenu national brut par habitant.
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L'autre facteur déterminant est d'ordre démographique. À la suite de la publication des résultats détaillés du recensement de 2022, la Banque mondiale a revu à la baisse de 11,7% son estimation de la population togolaise. Cette révision a mécaniquement augmenté le revenu par habitant, accélérant ainsi le franchissement du seuil de revenu intermédiaire.
Si ce changement constitue un signal positif pour les investisseurs et les partenaires techniques et financiers, ses conséquences sur les conditions de financement devraient rester limitées à court terme.
Les classifications par revenu servent de référence à de nombreuses institutions internationales, agences de développement et investisseurs. Elles influencent notamment les modalités d'accès à certains financements concessionnels ainsi que l'évaluation du profil économique des pays.
Pour autant, l'entrée dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire ne signifie pas une sortie automatique des mécanismes d'aide destinés aux économies les plus vulnérables. Au sein du Groupe de la Banque mondiale, l'accès aux ressources de l'Association internationale de développement (IDA) ne dépend pas uniquement du niveau de revenu, mais aussi de critères tels que la solvabilité et la vulnérabilité économique.
L'expérience d'autres pays de l'UEMOA en témoigne. La Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Bénin, bien que classés depuis plusieurs années parmi les pays à revenu intermédiaire inférieur, continuent de bénéficier des financements de l'IDA dans le cadre de dispositifs dits « hybrides », combinant ressources concessionnelles et financements à des conditions moins avantageuses.
Une logique similaire prévaut au sein du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Des pays comme la Côte d'Ivoire et le Sénégal disposent d'un statut de pays mixtes, qui leur permet de mobiliser simultanément les ressources concessionnelles du Fonds africain de développement (FAD) et les prêts souverains non concessionnels de la Banque.
Pour le Togo, ce reclassement pourrait ainsi élargir progressivement l'éventail des instruments financiers accessibles, en facilitant l'accès à des ressources de marché et à des financements non concessionnels, sans remettre en cause, dans l'immédiat, le soutien des principaux bailleurs multilatéraux.
Au-delà de sa portée statistique, cette évolution constitue également un indicateur de crédibilité économique susceptible d'améliorer la perception du pays auprès des investisseurs internationaux. Elle intervient alors que Lomé poursuit la mise en œuvre de réformes destinées à renforcer la stabilité macroéconomique, accroître les investissements privés et soutenir une croissance durable.