Minerai de fer : après la Guinée, les entreprises chinoises avancent leurs pions au Gabon
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

En Guinée, les entreprises chinoises ont joué un grand rôle dans l’entrée en production de Simandou.
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Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

En Guinée, les entreprises chinoises ont joué un grand rôle dans l’entrée en production de Simandou.
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La société chinoise Sino-Hunan International Engineering and Development Co. (SHICO) s’intéresse au projet de minerai de fer Baniaka, au Gabon. Elle a envoyé à son exploitant Genmin Ltd une lettre d’intention dans laquelle elle indique vouloir devenir un partenaire central dans le développement de l’actif. Selon les détails publiés par Genmin cette semaine, la lettre fait suite à des discussions et réunions récentes entre son directeur général Andrew Taplin et des représentants de SHICO.
La compagnie chinoise veut prendre en charge 60% du financement nécessaire au projet, estimé à environ 171,4 millions d'euros dans une étude de préfaisabilité publiée en 2022. Les deux parties prévoient d’examiner plusieurs mécanismes, y compris un investissement en capital. Elles ont aussi évoqué un plan de collaboration stratégique d’une période de 10 ans pour élaborer une « solution globale favorisant le développement réussi de Baniaka ». SHICO explore même la possibilité de conclure ultérieurement un accord d’achat sur la future production de la mine.
« Ce partenariat de long terme combine l’accès au capital, l’expertise en ingénierie chinoise et un potentiel débouché pour la production, autant d’éléments essentiels pour libérer tout le potentiel de Baniaka. Nous sommes impatients de poursuivre les négociations pour parvenir à un accord contraignant qui soutiendra la prochaine phase du développement du projet », a commenté Andrew Taplin.
Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise chinoise affiche ouvertement son intérêt pour le projet de minerai de fer Baniaka. En avril 2025, Genmin avait déjà conclu un protocole d’accord contraignant avec Sinohydro, filiale de Power China, un conglomérat d’ingénierie et de construction détenu par Pékin. Dans le détail, les deux parties veulent collaborer au développement et à la construction du projet. Valable pour une période de 3 ans, le protocole d’accord prévoit la fourniture par Sinohydro d’une proposition d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC), ainsi que son assistance pour aider Genmin à « obtenir des financements auprès d’institutions, d’investisseurs et d’acheteurs de minerai de fer ».
Sinohydro n’est d’ailleurs pas un acteur nouveau au Gabon. L’entreprise est présente dans le pays depuis plus de dix ans, y travaillant sur plusieurs projets d’infrastructures publiques, notamment des routes, des réseaux d’eau potable, et la centrale hydroélectrique de Kinguélé Aval. Elle a aussi construit en 2011 la centrale de Grand Poubara, située près du site de Baniaka.
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L’intérêt exprimé pour Baniaka s’inscrit dans une dynamique plus large de positionnement des entreprises chinoises sur les gisements de fer africains. En Guinée, elles ont joué un grand rôle dans l’entrée en production de Simandou. La société chinoise Chalco est engagée dans les blocs sud aux côtés de Rio Tinto, au sein de la coentreprise SimFer, tandis que les blocs nord sont développés par Winning Consortium Simandou, un groupe sino-singapourien où les partenaires chinois occupent une place importante. Les premières cargaisons de Simandou sont d’ailleurs destinées à la Chine.
Ces positionnements s’expliquent par l’importance du minerai de fer dans les besoins industriels de la Chine. Le pays est le plus grand consommateur mondial de cette matière première essentielle pour la production de l'acier, utilisé notamment dans le secteur de la construction. En octobre dernier, ses importations ont augmenté de 10%, selon Reuters. Du côté de Genmin, l’enjeu est de capitaliser sur cette dynamique pour développer Baniaka. Si l’échéance de fin 2026 prévue par la société pour l’entrée en production suscite des doutes, l’État gabonais compte dans tous les cas sur l’actif pour augmenter ses recettes minières, dominées par l’exploitation du manganèse.
Selon les termes de la convention minière liant Genmin au Gabon, le pays détiendra une participation gratuite de 10% dans le projet avec l’option de l’étendre jusqu’à 25%. Un taux d’imposition de 35% s’appliquera aux bénéfices de la société, qui versera par ailleurs une redevance minière de 5% sur les revenus de vente de la future production. D’après les projections actuelles, Baniaka pourrait produire jusqu’à 5 millions de tonnes par an.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin
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