Signature de l’accord d’investissement de 112 millions € entre la SCZone et Everfar Textile Egypt, visant à créer une usine intégrée de textile et prêt-à-porter à Qantara West, le 26 août 2025.
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L’Égypte renforce sa stratégie industrielle dans un secteur textile en pleine transformation. Alors que la demande mondiale repart à la hausse et que Le Caire cherche à consolider sa position dans la région, l’arrivée d’un nouvel investissement chinois consolide la place croissante du pays dans les chaînes de valeur internationales.
Fountain Set Limited, groupe chinois de textile-habillement, a annoncé son intention d’investir 86 millions d’euros (100 millions de dollars) dans un complexe intégré de filature et de tissage en Égypte. L’annonce faite cette semaine arrive alors que le pays ambitionne de quadrupler ses revenus d’exportations textiles, d’ici 2030.
Selon les détails relayés par plusieurs médias, le projet prévoit une installation industrielle de 200 000 m², en zone franche ou zone économique spéciale. L’usine devrait créer environ 1 500 emplois directs et fonctionner comme une plateforme d’exportation vers les marchés européens et africains, tirant parti de la position géographique de l’Égypte et de ses accords commerciaux avec l’Union européenne et plusieurs pays arabes.
Un paysage textile qui se réorganise
L'arrivée de Fountain Set, si elle se concrétise, interviendrait dans un contexte d’intérêt croissant des industriels chinois pour le secteur textile égyptien.
En septembre dernier, les autorités égyptiennes ont par exemple annoncé l’entrée en service d’une usine de textile installée dans la zone industrielle de Qantara West, grâce à un investissement de 60 millions d’euros du chinois Zhejiang Hengsheng. Le projet annoncé quinze mois plus tôt comprend des unités de teinture, de transformation et d’impression de tissus.
En août 2025, l’Autorité générale de la zone économique du canal de Suez (SCZone) signait un partenariat de 112 millions d’euros avec Everfar Textile Egypt, filiale locale d’un groupe industriel chinois opérant dans la production de textile, de prêt-à-porter et d’accessoires vestimentaires. Le projet porte sur l’installation d’une usine capable de produire « 7,5 millions de tonnes de tissus traités, plus de 20 millions de mètres de tissus pour vêtements, 3,6 millions de pièces de prêt-à-porter, ainsi que de grandes quantités d’accessoires vestimentaires ».
Quelques mois plus tôt, une autre entreprise chinoise, dénommée Luthai Textile et spécialisée dans la production de tissus et de chemises, a annoncé vouloir investir 331 millions d'euros dans un projet visant à établir une chaîne d’approvisionnement intégrée en Égypte, allant de la production de fil jusqu’à la confection de vêtements.
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Un objectif gouvernemental ambitieux
Les investissements chinois se multiplient alors que l’Égypte a rehaussé ses ambitions pour le secteur. Si les exportations de produits textiles ont généré 2,4 milliards d'euros de revenus en 2024, le gouvernement veut porter ce chiffre à 9,9 milliards d'euros d’ici 2030.
Pour y parvenir, les autorités misent entre autres sur la création de deux pôles textiles d’une superficie cumulée de 1 100 hectares dans les gouvernorats de Minya et de Fayoum. D’un coût de 3 milliards d'euros, les deux projets permettront d’aménager des sites pour abriter des usines textiles et infrastructures connexes.
« Ces deux villes seront totalement intégrées, englobant toutes les étapes du processus de fabrication du textile, de la filature et du tissage à la teinture […]. Chaque ville comprendra des zones de services industriels et logistiques, une école industrielle spécialisée dans les technologies textiles, des centres de services pour les investisseurs, des installations de soins de santé et de recherche, des espaces d’exposition et des centres de commercialisation », a détaillé en avril dernier Kamel El-Wazir, ministre de l’Industrie et du Transport.
Cette stratégie intervient dans un contexte où la demande internationale reste soutenue et où l’Égypte cherche à tirer parti de sa géographie. Sa proximité avec l’Europe, la présence du canal de Suez et les accords commerciaux en vigueur constituent autant d’atouts pour attirer des investisseurs cherchant une base régionale d’exportation.
Dans ce paysage en recomposition, l’arrivée de nouveaux acteurs chinois prend une place particulière. Leurs projets successifs ajoutent des capacités industrielles, introduisent des technologies et renforcent l’orientation exportatrice recherchée par Le Caire. Si ces projets participent déjà à redessiner un secteur textile qui entend jouer un rôle plus affirmé dans l’économie égyptienne au cours des prochaines années, il faudra voir comment ils s’articuleront avec les priorités nationales et le calendrier fixé par les autorités.