Après s’être imposée comme l’un des principaux acteurs du paiement numérique en Afrique, la fintech nigériane Paystack amorce une nouvelle étape de son développement. Soutenue depuis 2020 par le groupe américain Stripe, la société élargit désormais son périmètre d’activité dans un écosystème financier nigérian en évolution.
Paystack a annoncé le lancement de Paystack Microfinance Bank, une nouvelle entité bancaire créée à la suite de l’acquisition de Ladder Microfinance Bank. Cette opération permet à la fintech d’obtenir une licence de microfinance au Nigeria et de proposer, au-delà des paiements, des services financiers plus larges, incluant la collecte de dépôts et l’octroi de crédits.
Une banque distincte pour élargir l’offre financière
Selon les informations communiquées le mercredi 14 janvier par la société, Paystack Microfinance Bank opérera de manière indépendante de Paystack Payments Limited. La nouvelle structure dispose de sa propre licence, d’une gouvernance dédiée et d’une feuille de route distincte, même si des synergies opérationnelles sont prévues entre les deux entités dans le respect du cadre réglementaire.
Fondée en 2015 au Nigeria, Paystack s’est d’abord concentrée sur la simplification des paiements numériques pour les entreprises. Aujourd’hui présente dans cinq pays africains (Nigeria, Ghana, Côte d’Ivoire, Afrique du Sud et Kenya), la fintech indique traiter chaque mois des transactions pour environ 300 000 entreprises et des millions de consommateurs.
Selon elle, cette évolution stratégique découle d’un constat formulé au fil de sa croissance : les paiements ne couvrent qu’une partie des besoins financiers des entreprises et des particuliers. Ces derniers recherchent également des outils pour gérer leur trésorerie, sécuriser leur épargne, accéder au crédit ou mieux suivre leurs flux financiers. La nouvelle banque doit répondre progressivement à ces attentes, avec une ouverture initiale à un nombre limité d’utilisateurs, avant un déploiement plus large.
Le partenariat Paystack et Stripe
Paystack est détenue depuis octobre 2020 par Stripe, l’un des leaders mondiaux des infrastructures de paiement en ligne. L’opération, dont le montant n’a pas été officiellement communiqué, mais est estimé par la presse internationale à plus de 200 millions USD (171,9 millions d'euros), figure parmi les acquisitions les plus importantes réalisées par un groupe technologique étranger dans l’écosystème des start-up africaines.
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Stripe fournit des solutions de paiement à des entreprises de toutes tailles dans plus de 25 pays, et compte parmi ses clients des groupes comme Amazon, Google, Shopify ou Zoom. L’acquisition de Paystack s’inscrivait dans sa stratégie pour renforcer sa présence sur les marchés émergents, et accompagner la montée en puissance du commerce numérique en Afrique.
Depuis ce rapprochement, Paystack continue d’opérer sous sa propre marque, tout en bénéficiant des capacités technologiques, financières et réglementaires du groupe américain. La fintech nigériane est souvent présentée comme un acteur clé de la numérisation des paiements en Afrique de l’Ouest, sur un marché encore fragmenté.
Pourquoi la banque devient un relais de croissance
L’entrée de Paystack dans le secteur bancaire survient dans un contexte où les frontières entre fintechs et banques traditionnelles s’estompent. Au Nigeria, l’un des marchés fintech les plus dynamiques du continent africain, plusieurs acteurs du paiement cherchent à élargir leur modèle économique vers des activités à plus forte valeur ajoutée.
L’obtention d’une licence de microfinance permet de capter des dépôts, de proposer des crédits et de développer des services financiers intégrés. Pour une entreprise disposant déjà d’un volume élevé de données de paiement, cette évolution peut, en théorie, faciliter l’évaluation des risques et l’adaptation des produits aux besoins des PME, qui font face à un déficit chronique de financement dans le pays.
Pour l’heure, Paystack n’a pas détaillé le calendrier précis ni l’ampleur des services bancaires qui seront proposés. La société indique avancer de manière progressive, dans un cadre réglementaire plus exigeant, à mesure que la nouvelle entité consolidera ses opérations.